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Marathon: comment Kipchoge se prépare pour briser la barre des 2 heures

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Deux ans et demi après avoir échoué de peu, Eliud Kipchoge se relance, à Vienne en Autriche, à l’assaut d’un défi énorme: courir le marathon en moins de deux heures. Le recordman du monde a le moral au beau fixe et sera bien entouré samedi pour cette tentative.

Le maître du marathon n’était pas à Doha pour les Mondiaux d’athlétisme. Comme la plupart des meilleurs fondeurs, Eliud Kipchoge a fait l’impasse sur la chaleur qatarienne. Une habitude chez le Kényan, pas fan des Championnats du monde et plus intéressé par les marathons les plus renommés et par les Jeux olympiques. Cette année, l’athlète avait une excuse supplémentaire pour esquiver les Mondiaux: il prépare une nouvelle tentative contre la barre des 2 heures sur les 42,195km.

Une barre mythique de l’athlétisme en grand danger

En mai 2017, déjà, Eliud Kipchoge s’y était attaqué. C’était sur le circuit de Monza, en Italie, avec Nike pour sponsor, et il avait échoué en bouclant son marathon en deux heures et 25 secondes. Ce samedi 12 octobre, Kipchoge se remet en piste, mais différemment. Cette fois, la tentative aura lieu au Prater de Vienne, dans la capitale autrichienne. Et c’est l’entreprise pétrochimique Ineos et son richissime propriétaire Jim Ratcliffe – qui est aussi à la tête de l’écurie cycliste Ineos et du club de football de l’OGC Nice –, qui sponsorise l’événement, baptisé "Ineos 1:59".

Eliud Kipchoge, 35 ans en novembre, se sent d’attaque pour cette performance. Qu’il y parvienne ou pas, elle n’effacera pas son record du monde, officiel car réalisé dans des conditions normales. En septembre 2018, le Kényan pulvérisait l’ancien record du monde en courant le marathon de Berlin en 2 heures, 1 minute et 39 secondes (soit une minute et 18 secondes de moins que Dennis Kimetto en 2014). Après être devenu le premier homme sous les 2 heures et 2 minutes, Kipchoge veut être le premier sous la barre mythique des deux heures.

"Il n’y a aucune limite"

"Je cours pour écrire l’histoire et inspirer le monde. Je cours pour montrer qu’il n’y a aucune limite. Mon principal message, aux 7,5 milliards d’humains dans le monde, sera de dire qu’aucun humain n’est limité", a déclaré Eliud Kipchoge. Le champion olympique 2016 ne veut laisser aucune place au doute: "La piste est très bonne. Je me sens mieux prépare et je suis confiance. Je ne me dis pas ‘Est-ce que je vais le faire ?’. J’ai essayé la première fois, et la seconde fois, je vais le faire."

La date du samedi 12 octobre et le Prater de Vienne n’ont pas été choisis au hasard. Les conditions climatiques seront optimales aux premières heures de la matinée pour réussir à briser la barre des deux heures. On attend entre 7 et 10°C, aucune averse et aucun vent, sur ce plateau idéalement placé à 170m au-dessus du niveau de la mer, comme le souligne Marca. Et Eliud Kipchoge, qui s’élancera à 8h15, sera très bien secondé, avec d’une part la dernière version nec plus ultra de la chaussure de running Vaporfly de Nike, et bien sûr des lièvres.

41 lièvres pour un exploit

Beaucoup de lièvres en fait. Ils seront 41 au total, venus de plusieurs pays, et tous spécialistes du fond et du demi-fond. On trouve parmi eux, entre autres, Selemon Barega, Matthew Centrowitz, Paul Chelimo, Bernard Lagat, Ronald Musagala… Leur but sera, en se relayant, de protéger Eliud Kipchoge du vent et d’imprimer un rythme constant de 21,3km/h pour le mener jusqu’au bout. C’est leur présence notamment qui rendra impossible l’homologation par la Fédération internationale d’athlétisme du record espéré.

Invaincu en marathon depuis 2013, le Kényan assure qu’il a couru à l’allure requise ses deux dernières années, ce qui renforce sa conviction qu’il va le faire. "A Berlin, il s’agissait de courir et de briser le record du monde. A Vienne, il s’agit de courir et d’écrire l’histoire, comme le premier homme qui a posé le pied sur la Lune", martèle-t-il.

Nicolas BAMBA