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F1: Doriane Pin, la pilote française qui rêve de rouler chez Ferrari

La jeune pilote française Doriane Pin, 16 ans, dispute cette semaine les derniers tests pour réaliser son rêve: être la première femme à intégrer la "Ferrari Driver Academy".

Doriane Pin est à Maranello, le fief de la Scuderia Ferrari. Dans quelques jours, elle espère être la première femme à intégrer l’académie qui forme les futurs pilotes de l’écurie. Si elle emporte les derniers tests, la Française disputera le championnat du monde de F4 l’an prochain: "C’est une grande chance d’en être là! La piste est magnifique, ça donne vraiment envie."

En concurrence avec deux Brésiliennes et une Néerlandaise, Doriane Pin profite de cette opportunité inédite. Plongée dans le monde du sport auto depuis toute petite – "à 4 ans, elle m’accompagnait sur les événements de karting que je gérais, elle donnait des conseils", explique son papa, Renaud - Doriane Pin a, dès ses six ans, voulu rouler, conduire. "Je ne faisais même pas 1m20, rigole-t-elle. Aucune combinaison ne m’allait, aucune chaussure, aucun kart, même quand on essayait de rapprocher les pédales."

C’est donc à 9 ans, dans un karting réglé pour sa petite taille, qu’elle effectue ses premiers tours de circuit à Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne. "C’était tout de suite très vite, très bien. C’était naturel. Elle a quasiment le pilotage inné", se souvient son père.

"Quand on met le casque, il n’y a plus de différences"

Au karting, Doriane Pin se fait parfois bousculer par les garçons qui n’acceptent pas de se faire battre. Certains émettent des doutes sur sa capacité à réussir. "Pour moi, si on se prépare bien physiquement et mentalement, je ne vois pas pourquoi il y aurait une différence entre un garçon et une fille. A partir du moment où on met un casque sur la tête, il n’y a plus de différence. Je leur montre sur la piste!", s’exclame-t-elle.

A partir de 2013, elle enchaîne les podiums et rêve de monoplaces. Mais rouler sur une piste en F4 coûte cher, "entre 4.000 et 5.000 euros" pour quelques heures, selon Renaud Pin. Impossible. Un jour, il démarche la fédération pour faire un essai. À 14 ans, sa fille bluffe tout le monde. "Les coachs pensaient qu’elle s’était entraînée avant", se souvient encore le papa.

Une préparation à la maison

Pendant que certains enchaînent les entraînements en F4, Doriane se prépare chez elle, aidée par un préparateur mental, un coach de pilotage et une poignée de proches, tous bénévoles. "Là où j’habite, à Font-Romeu, j’ai accès à une salle de musculation avec un coach, raconte-elle. Sinon, je regarde des vidéos que j’analyse avec un ami. Par exemple, un circuit de 2,5 km, je l’analyse plus de trois heures, virage par virage." Et ça fonctionne! "Doriane on ne l’entend pas tellement, elle cogite, elle écoute, et là ou elle est très forte c’est qu’elle retranscrit tout sur la piste", rapporte son coach de pilotage, Cyril Denis. "Elle a une capacité à visualiser mentalement et à se projeter dans des détails très précis", ajoute son préparateur mental, Renaud Maurin.

Tous sont d’accord sur un point: si la championne de France de karting 2019 a l’opportunité de rouler plus souvent, elle aura des résultats. Peu importe contre qui.

Justement, en février dernier, la Fédération, qui a continué de la suivre, l’appelle. On veut l’envoyer pour la sélection de l’académie Ferrari. Elles étaient 20 au départ, le 11 octobre, sélectionnées sur dossier. Puis huit ont été choisies après des épreuves en karting, avant de passer à quatre pour la 'finale', à Maranello. Après cinq jours de tests mentaux, physiques, de media-training et de pilotage, l’une de ces concurrentes sera la première pilote féminine de l’académie Ferrari. Et intégrera l’écurie de Charles Leclerc, le pilote de Formule 1 préféré de Doriane Pin.

Valentin Jamin