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F1 - GP d’Australie: Renault part en reconquête

Cinq ans après, Renault effectue son grand retour en Formule 1 en tant qu’écurie, ce week-end lors du Grand Prix d’Australie. Le constructeur français compte marquer les esprits dès cette saison pour atteindre ses objectifs très élevés à moyen terme.

Dans le paddock de Melbourne, c’est l’une des principales attractions. La monoplace jaune de Renault attire tous les regards. Cinq après, la marque au losange effectue son retour en tant qu’écurie à part entière, après une parenthèse réussie en qualité de simple motoriste. Et pas pour y faire de la figuration. Avec 12 titres mondiaux en F1 depuis 1977, Renault se veut ambitieux dès cette saison, même si certains ajustements sont encore à effectuer, comme le recrutement de 180 personnes dans les 18 prochains mois.

« L’année de transition, il faut oublier tout de suite parce que gagner ça s’apprend, prévient Frédéric Vasseur, directeur de la compétition de l’écurie. Quels que soient nos moyens et notre niveau à la première course, il faut qu’on arrive à se fixer des objectifs et une feuille de route pour l’année. Il faut garder tout le monde sous pression et essayer de progresser de week-end en week-end. »

Se battre pour le titre d’ici quatre ans

« Être en Formule 1 pour jouer les faire-valoir, ça n’a aucun intérêt, abonde Cyril Abiteboul, le directeur général de Renault Sport Racing. Ça n’a du sens d’être en F1 que si on est en mesure de gagner. Si c’est juste pour participer, ça n’a aucun intérêt. Donc le temps que l’on a mis pour confirmer cet engagement, c’était du temps pour se confirmer à nous-mêmes qu’on serait en capacité d’être compétitif rapidement et ensuite de viser la victoire. »

Ce retour de Renault sur les circuits s’effectue avec un objectif très clair, fixé par Carlos Ghosn, le PDG de la marque : se battre pour le titre de champion du monde d’ici quatre ans. Une feuille de route ambitieuse qui s’accompagne d’un budget de 350 millions d’euros par an, soit presque autant que Ferrari. « En F1, la pression on l’a obligatoirement, souligne Vasseur. C’est un investissement important pour l’entreprise. Il est hors de question de revenir en F1 pour jouer. Le "roadmap" a été clair quand Carlos Ghosn a présenté le projet. Il nous a mis comme objectif d’être capable de faire des podiums la troisième année et de se battre pour le titre la cinquième. Je pense qu’il a été archi-clair dans les objectifs. »

« De l’ambition dès cette année »

Le Danois Kevin Magnussen et le Britannique Jolyon Palmer, qui seront au volant de la RS16 cette saison, auront donc déjà des objectifs élevés à atteindre pour mener Renault vers les sommets à moyen terme. « Il faut qu’on se fixe des objectifs importants, qu’on ait de l’ambition dès cette année, lâche Abiteboul. Ce ne seront peut-être pas des objectifs visibles en piste mais des objectifs et des délivrables importants à l’usine, sur les plans techniques, humains et commerciaux. De ce que l’on va faire cette année dépendra la suite des opérations, en particulier notre capacité à se battre pour le championnat du monde 2018 et 2019. » L’aventure commence maintenant.

AA avec Antoine Arlot