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F1: Pourquoi Ross Brawn veut se débarrasser des "pilotes payants"

Ross Brawn

Ross Brawn - AFP

Le Patron de F1, Ross Brawn, espère modifier le modèle économique de la discipline. L’idée est que les 20 meilleurs pilotes du monde soient en F1, pour que le spectacle proposé soit plus spectaculaire. Pour cela, il aspire à ce que les "pilotes payants" disparaissent en reformant le règlement, pour éviter que les écuries se retrouvent dans le besoin de recourir à ces pilotes.

"Nous devrions avoir les 20 meilleurs pilotes du monde mais la réalité c'est qu'en bas de la grille, les considérations commerciales liées aux budgets apportés par les pilotes sont devenues trop importantes", a récemment déploré Ross Brawn, directeur sportif de la F1.

Réduire les écarts budgétaires 

Dans son collimateur les "pilotes payants", qui financent leur carrière par des fonds ou bien des sponsors personnels. Cette pratique constitue une aubaine pour certaines écuries en proie à des difficultés économiques. Dès lors, le critère économique prend le dessus sur la performance sportive. Voilà ce qui dérange Ross Brawn.

Le nouveau patron de la F1 veut réduire les écarts de budget entre les écuries, pour éviter que certaines soient dans l’obligation d’avoir recours à ces "pilotes payants" pour boucler leur budget.

Jolyon Palmer est l’exemple parfait. Le Britannique qui déboursait plus de 300.000 euros pour chacune de ses séances d'essais en 2015, a été choisi par Renault pour des motifs financiers plutôt que sportifs. "Ils attendent de produire une monoplace plus rapide pour réserver leur deuxième baquet à un meilleur pilote et ne crachent pas d'ici là sur l'argent de Palmer", résumait un cadre de Force India début mars lors des essais de Barcelone.

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La réforme n’entrera pas en vigueur avant 2021

Néanmoins la réflexion que Ross Brawn commence à mener ne verra le jour qu’en 2021, puisque les accords aujourd’hui en vigueur ("accords Concorde") courent jusqu’en 2020.

Une réforme bien accueillis par les pilotes. "Je suis complètement d’accord avec lui (Ross Brawn). C’est vrai que ça a toujours existé en F1, qu’il y a toujours eu des pilotes présents pour des raisons commerciales, mais peut-être qu’il y en a plus qu’avant" a confié Nico Hülkenberg, le pilote Renault. Même son de cloche du côté du Français Romain Grosjean "il y en quelques uns qui lorsqu’on regarde leurs résultats passés n’auraient pas forcément, sans une aide, atteint une place en Formule 1".

Une répartition plus équitable

Pour tenter de résoudre ces inégalités plusieurs options sont évoquées. Ross Brawn étudie une manière de répartir plus équitablement les revenus commerciaux entre les écuries, de sorte que certaines d’entre elles n’aient plus besoin de boucler leurs budgets grâce aux fonds apportés par les sponsors individuels des pilotes. 

Bien entendu cela n’est pas vraiment du goût des grosses écuries, qui touchent actuellement davantage que les autres. De plus, les équipes dites "historiques", touchent également un bonus. Il s’agit de Ferrari, Mercedes, Red bull, Williams, Renault et McLaren.

Plafonner les budgets

L’autre option envisagée par le patron de la F1 est de fixer un plafond budgétaire. Le souhait de Ross Brawn est que les écuries puissent boucler leur budget avec les simples revenus commerciaux repartis par la Formula One Management (FOM). La conséquence serait la disparition des "pilotes payants". Interrogé sur la possible évolution du règlement Romain Grosjean considère cela "positif pour les jeunes parce qu’on sait que c’est extrêmement compliqué d’arriver en F1 et effectivement s’il y a des places prises par des gens qui ne les méritent pas, à 100%, et bien c’est des places qui ne sont pas là pour les jeunes."

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Il existe déjà la "super licence"

Ross Brawn espère que ces modifications vont permettre l’émergence de jeune pilotes, qui viendraient mettre un peu de piment et de spectacle à la F1, qui en manque cruellement ces dernières saisons. Il existe par ailleurs déjà une mesure pour hausser le niveau des pilotes. Depuis 1984, il faut obtenir une "super licence" pour pouvoir accéder à la F1. Elle répond à un principe simple : un pilote gagne des points en fonction de ses performances dans les catégories inférieures. Il doit atteindre 40 points sur 3 ans pour obtenir la super licence. Le titre de champion de Formule 2 (ex GP 2) rapporte par exemple 40 points, 30 pour le GP 3, 5 pour le karting. Il faut donc nécessairement avoir fait ses preuves dans les championnats inférieurs, pour rouler en F1.

Mais ce système a, on le voit aujourd’hui, ses limites. Maldonado ou Palmer ont été champions de GP2, et n’ont pas signé de grandes performances en F1. La marche est parfois trop haute tout simplement.

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T.B avec Louis Amar (à Shanghaï)