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GP de Turquie: grosse polémique sur la présence d'un camion-grue sur la piste

Durant la séance de qualifications du Grand Prix de Turquie, samedi, la direction de course a autorisé les pilotes à rouler alors qu'un camion-grue se trouvait au bord de la piste pour dégager une monoplace bloquée. Une situation qui a rappelé l'accident fatal de Jules Bianchi en 2014.

Aucun drame n'a eu lieu, mais cette imprudence de la direction de course constituait un danger de mort. Lors de la surprenante séance de qualifications du Grand Prix de Turquie remportée par Lance Stroll, samedi sur l'Istanbul Park, les monoplaces ont été autorisées à rouler alors qu'un camion-grue était en action au bord de la piste. "Je ne peux pas le croire", s'est emporté l'ancien pilote suédois Marcus Ericsson sur Twitter.

À la fin de la première partie des qualifications (Q1), interrompue plusieurs minutes à cause d'une pluie transformant le circuit en patinoire, Nicholas Latifi a perdu le contrôle de sa Williams et a fini bloqué dans les graviers de l'impressionnant et très rapide quadruple virage à gauche. Une fois les autres pilotes rentrés aux stands, les commissaires ont pu déployer un camion-grue pour retirer la monoplace du Canadien.

Mais alors que l'engin de dépannage était encore au travail dans les graviers, la direction de course a lancé la Q2 sans attendre. Les 15 pilotes qualifiés devaient tout de même respecter un drapeau jaune dans le secteur concerné pour leur tour de chauffe. À quelques secondes près, Kimi Räikkönen, le premier à reprendre la piste, n'a finalement pas croisé la grue mobile, de retour à temps derrière le rail de sécurité.

"N'avons-nous pas tiré les leçons du passé?"

Reste que les organisateurs ont un pris un risque, d'autant que la piste était encore glissante et que la visibilité n'était pas optimale. Cette situation n'est pas sans rappeler l'accident mortel de Jules Bianchi au Grand Prix du Japon 2014. Le pilote français avait perdu le contrôle de sa Marussia sur une piste mouillée et s'était encastré à haute vitesse sous un camion-grue évacuant une monoplace accidentée. Le régime de drapeau jaune n'avait pas suffi à éviter la catastrophe.

"Dites la F1, comment diable pouvez-vous commencer la session avec un camion de sécurité encore sur la piste? N'avons-nous pas tiré les leçons du passé?", s'est ému Marcus Ericsson en voyant l'incident en Turquie. "Pourquoi on envoie des voitures en piste? Mais qu'est-ce qu'il se passe?", s'est aussi étonné l'ancien champion du monde canadien Jacques Villeneuve aux commentaires de Canal+. 

En l'espace de deux semaines, la Formule 1 s'est donc offert deux polémiques liées à la sécurité. À Imola, lors du Grand Prix d'Émilie-Romagne, Lance Stroll était passé malgré lui tout près d'un commissaire de course présent sur la piste. "Dès que je l'ai vu, j'ai immédiatement ralenti. Mais je n'avais pas été averti et je ne m'attendais pas à voir quelqu'un sur le circuit", avait déploré le pilote Racing Point, auteur à Istanbul de la première pole de sa carrière.

Julien Absalon