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Philippe Bianchi : "Il faut que justice soit rendue"

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Philippe Bianchi, père de Jules Bianchi, explique à RMCSport pourquoi il attaque en justice la FIA, la F1 et l’écurie Marussia afin qu’elles reconnaissent leurs erreurs concernant le décès du pilote français le 17 juillet 2015 lors du Grand Prix du Japon. Il dénonce notamment « un accident parfaitement évitable » et souhaite que « justice soit rendue ». Il nous explique aussi le concept d’une nouvelle académie destinée aux jeunes pilotes peu fortunés.

Avez-vous eu les réponses que vous souhaitiez après la mort de Jules ?

Je n’ai pas eu les réponses, ça c’est sûr et on s’est rendu compte qu’il y avait eu des erreurs de faites. Certaines ont bien été reconnues en partie parce qu’ils ont tout changé derrière. Aujourd’hui, on ne peut pas se contenter de rester sur le rapport interne qui a été fait par la FIA qui assure que Jules est responsable parce qu’il allait trop vite. Mais ce ne sont pas nos éléments, puisque les nôtres disent le contraire.

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Pourquoi attaquez-vous la FIA ?

On ne peut pas vivre comme cela. Cette tragédie a détruit notre famille et en plus il faudrait que l’on accepte d’entendre que c’était un peu de sa faute alors que les conditions étaient difficiles. Cet accident était parfaitement évitable et on veut montrer aux autres pilotes ce qu’on fait aujourd’hui. Ça pourrait servir à d’autre.

Avez-vous eu des contacts avec des membres de la FIA ?

Moi personnellement je n’ai pas de contacts avec la FIA, mes avocats sont restés sur leur position vis-à-vis des deux instances. Le rapport qu’ils ont écrit n’engage qu’eux. Si un jour je cause la mort de quelqu’un, j’aimerai pouvoir lancer une commission interne entre amis et dire « voilà ce n’est pas de ma faute ». Aujourd’hui, c’est sûr et certain, on ne peut pas en rester là. On a lancé une procédure via des avocats anglais. Au niveau juridique, on ne s’arrêtera pas là, c’est comme ça. Il faut que justice soit rendue et quand on fait une erreur, on paie.

Est-ce que le départ de ce Grand Prix aurait dû être donné ?

Quand on voit ce qui s’est passé, évidemment que non. Depuis le début de ce Grand Prix, il y avait beaucoup de discussions pour le faire décaler ou avancé au samedi. Les organisateurs savaient qu’un typhon allait arriver puisque le « safety car » a décalé l’heure du départ. Finalement le départ a été donné parce qu’il y avait une bonne visibilité et curieusement à la fin du GP, quand il n’y avait plus de luminosité et qu’il tombait des trombes d’eau en pneu usé, la sécurité a été considérée comme bonne. Jules devrait être encore parmi nous, et ça, je ne peux pas l’accepter.

Vous lancez aussi une académie pour jeunes pilotes. Expliquez-nous le concept…

On a toujours été dans le milieu de la course. Malheureusement il y a des enfants très talentueux qui n’ont pas des parents très fortunés et quoi passent à côté de belles carrières professionnelles. C’est quelque chose qui tenait beaucoup à Jules. On va réunir des fonds pour soutenir des pilotes qui n’ont pas beaucoup de moyens. On les prend en mini kart à 9 ans jusqu’à 15 ans parce que c’est un âge où il faut être vite opérationnel, on le voit avec Max Verstappen.

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Quel en est l’objectif ?

Le but, c’est d’amener ces gamins dans une filière et qu’il puisse devenir un jour des pilotes professionnels. Pour le moment, on part sur une base de quatre pilotes. Cette action va débuter en 2017 normalement et on a normalement un futur élève, un petit Italien qui n’a pas de moyens mais qui a une mentalité proche de celle de Jules. On va sortir des enfants qui n’auraient jamais pu avoir accès à de telles conditions, c’est une grosse fierté.

Propos recueillis par A.A. avec B.D.