RMC Sport

MotoGP: le virage 3, le "cauchemar" qui attend les pilotes au Grand Prix de France

Alors que les qualifications pour le Grand Prix de France de MotoGP se dérouleront ce samedi après-midi (14h10), les pilotes redoutent le virage 3 du circuit du Mans, où ont été recensés le plus d'accidents ces deux dernières années. Et même pour les meilleurs, celui-ci fait peur.

Bien connu des amateurs du monde de la MotoGP, le virage 3 du circuit du Mans continue de faire trembler les pilotes au fil des années. Avant le lancement du Grand Prix de France, les pilotes disputeront les qualifications ce samedi après midi (14h10).

Lors des séances d'essais libres, le virage, très court, a fait vivre un véritable enfer aux pilotes. Pas moins de 17 des 44 chutes recensées jusque-là ont eu lieu dans le tournant du circuit du Mans. À titre d'exemple, Pedro Acosta, qui n'avait jamais encore roulé au Mans, est tombé deux fois lors de sa première séance d'entraînement dans la région.

La piste du Mans a connu le plus grand nombre d'accidents en 2019 et 2020. L'année dernière, elle en a accumulé pas moins de 100 sur les trois jours et dans les trois catégories. 30 d'entre eux se trouvaient d'ailleurs au troisième virage, soit le plus grand nombre de la compétition. C'est le point noir du circuit, l'endroit où le plus d'accidents se sont déroulés. 21 accidents s'étaient aussi déroulés sur le virage 2 de Barcelone en 2020.

Au micro des journalistes après la séance d'essais libres vendredi, la gloire italienne, Valentino Rossi, neuf fois champion du monde dont sept dans la catégorie reine, est revenu sur toute la complexité de ce virage qui s'assimile à un périple pour les pilotes.

"Le virage 3 est un cauchemar ! À chaque tour, quand vous y arrivez, vous êtes très inquiet. Pour moi, il y a plusieurs éléments qui expliquent cela. D'abord, c’est le premier virage à gauche et vous y arrivez après deux virages à droite, la ligne droite et un virage à droite. Le pneu est donc froid, en particulier avec les températures basses, donc je n’ai pas beaucoup d’adhérence."

Le pilote de 42 ans ne manque pourtant pas d'expérience mais continue d'avoir peur de ce virage, invoquant le gros problème d'inclinaison : "La deuxième chose, qui a beaucoup d’effet, c’est que c’est en dévers et c’est un désastre pour la moto car vous devez l’incliner sur la gauche. C'est un gros problème avec l’inclinaison négative."

Une piste ultra sollicitée, notamment pour les 24 heures du Mans

Déserté cette année de tout spectateur en raison du Covid, le circuit Bugatti abrite toujours autant d'enjeu. Fabio Quartararo et Johann Zarco, les deux pilotes français engagés en MotoGP, seront les attractions de ce Grand Prix de France.

Les deux hommes sont chez eux ce week-end au Mans, le premier pour tenter de reprendre la tête du championnat du monde et le second pour tenter de décrocher sa première victoire dans la catégorie reine.

Mais les deux pilotes tricolores s'exposent aussi au danger de ce virage 3, auquel la pluie est venue s'ajouter en marge des essais libres de ce samedi matin.

Johann Zarco entend bien profiter de la bonne forme des machines de la firme de Borgo Panigale pour inscrire enfin sa première victoire en MotoGP. Agé de 30 ans, il a déjà été couronné deux fois champion du monde en Moto2.

Le Français Johann Zarco en conférence de presse sur le circuit de Portimao, au Portugal, le 15 avril 2021
Le Français Johann Zarco en conférence de presse sur le circuit de Portimao, au Portugal, le 15 avril 2021 © PATRICIA DE MELO MOREIRA © 2019 AFP

Et le pilote de l'écurie Ducati-Pramac discerne peut-être un avantage avec le climat actuel : "Sous la pluie, on aura peut-être un avantage avec les Ducati." Il dispose de la même machine que les pilotes d'usine et occupe actuellement la 5e place du championnat grâce à deux deuxièmes places en début de saison.

Face à la presse, Valentino Rossi a aussi pointé du doigt un autre défaut de ce circuit, très sollicité, notamment par les voitures qui concourent aux 24 heures du Mans, ce qui accélère l'usure du revêtement : "Cette piste est utilisée par les voitures pour les 24 heures du Mans, et la surface où les voitures passent présente moins d’adhérence car la piste est davantage sollicitée et l’asphalte est plus vieux : Quand vous faites les 24 heures avec 70 voitures, à coup sûr le revêtement vieillit très vite."

Luca Demange