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Euro basket - France-Serbie : Gruda, la star qui sort de l’ombre

Sandrine Gruda, leader de jeu de l'équipe de France

Sandrine Gruda, leader de jeu de l'équipe de France - AFP

Sereine et hyper efficace sur le parquet, Sandrine Gruda s’affiche une nouvelle fois comme le leader de jeu d’une équipe de France opposée à la Serbie, ce dimanche en finale (19h) de l’Euro. L’occasion d’offrir aux Bleues la troisième couronne continentale de leur histoire. Et de faire gonfler une notoriété personnelle longtemps dans l’ombre de certaines de ses coéquipières.

Les lignes de statistiques s’empilent comme de doux bonbons. 18 points-15 rebonds contre l’Ukraine. 26-5 face aux Tchèques. 16-9 contre les Roumaines. 25-8 pour la Monténégro. 16-13 lors de la seule défaite du parcours, contre la Turquie. 23-4 en quart face à la Russie. 16-12 contre la bête noire espagnole en demie. Des moyennes de 18 et 8,6 en neuf rencontres. Remonter les chiffres de l’Euro 2015 de Sandrine Gruda permet de mieux comprendre l’influence de l’intérieure tricolore sur le parcours des Bleues. A l’heure d’une finale contre la Serbie qui pourrait lui offrir son deuxième titre continental en équipe nationale, après celui de 2009 (elle a également remporté l’Euroligue avec son club d’Ekaterinbourg en 2013), Gruda rayonne. Taille patronne.

« Elle grandit à chaque fois que je la revois, savoure Valérie Garnier, la coach tricolore. Elle fait une compétition exceptionnelle et un sacre de l’équipe de France lui offrirait peut-être le titre de MVP (meilleure joueuse, ndlr), ce qui serait vraiment mérité. » Avis laudateur partagé par ses coéquipières, la pétillante Isabelle Yacoubou en première ligne : « Je serais très, très surprise si elle n’était pas MVP. On ira faire une réclamation si ce n’est pas le cas ! » Et Céline Dumerc d’enfoncer le clou : « Il n’y a rien de nouveau, c’est du Sandrine Gruda ! Je ne suis pas surprise, elle avait déjà montré qu’elle était capable de faire des performances un peu stratosphériques. Là, elle l’a fait sur toute une compétition. Du premier match à la demie, elle nous a apporté toute son intensité et toute sa qualité offensive. Elle a une confiance en elle énorme et elle déborde d’envie de réussir. »

Dumerc : « On l’a regardé : ‘‘Sandrine, c’est toi ?’’ »

Leader balle orange en mains, celle qui avait été désignée meilleure joueuse européenne en 2009 sait aussi l’être dans le groupe. Par l’attitude comme par l’exemple. « C’est une grosse travailleuse, juge Diandra Tchatchouang. Son niveau de jeu ne m’étonne pas. Elle est impressionnante, capable de tout faire sur un terrain et de se sortir de situations inespérées. C’est vraiment notre force offensive. Pour elle, comme on dit, le ciel est la limite. Elle est zen, sereine et elle nous apporte cette sérénité, que ce soit sur ou en dehors du terrain. » Avec une nouvelle façon d’approcher les compétitions, le viseur fixé pas trop loin. « J’ai remarqué que c’était une Sandrine qui avait un peu plus les pieds sur terre, estime Dumerc. Elle a pris les matches les uns après les autres. J’ai eu l’occasion de faire des compétitions avec elle où elle nous voyait déjà championnes d’Europe en début de campagne. Là, elle a tenu un discours différent : ‘‘On va passer le quart de finale et après on verra bien’’. On s’est arrêté, on l’a regardé et on a dit : ‘‘Sandrine, c’est toi ?’’ Prendre les choses comme ça l’aide à être aussi performante. »

« Elément incontournable de l’équipe de France », dixit Valérie Garnier, celle qui est exilée en Russie (où elle a multiplié les titres nationaux) depuis 2007 pourrait profiter de son Euro royal pour le devenir également auprès du grand public et voir sa notoriété grimper en flèche. « Ça fait des années qu’elle joue à ce niveau-là, souligne Isabelle Yacoubou. Mais avec Céline Dumerc qui a pris une ampleur pas planétaire mais pas loin après les Jeux, et un personnage comme moi, c’est vrai qu’on n’a pas assez parlé d’elle. Mais la reconnaissance arrive. C’est une fille qui travaille énormément et c’est normal que ça paie. Elle arrive aussi à un moment de sa vie où ça fait du bien d’être reconnu par ses pairs, de s’affirmer comme ça et de prendre en main cette équipe de France qui ira, je l’espère, sur la plus haute marche grâce à elle. » Confirmation ce dimanche soir.

A.H. avec N.J.