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Elie Okobo: "Apporter un premier titre à Monaco, ce serait énorme !"

L’AS Monaco Basket, deuxième, reçoit ce mardi à 19h le Fenerbahçe, leader de l’Euroleague. Un duel au sommet dans lequel le Français Elie Okobo aura son mot à dire. Monégasque depuis cet été, l’ancien meneur de l’Asvel a rapidement pris ses marques en principauté. 

Tu as été MVP des finales de Betclic Élite avec l'Asvel la saison passée (face à Monaco), comment as-tu été accueilli par tes ex-adversaires à qui tu as fait des misères?

Ça s'est bien passé! Je suis arrivé un peu en retard parce que j’étais avec l’équipe de France. J’ai pas pu faire la préparation avec le groupe mais quand je suis arrivé j’ai tout de suite été très bien accueilli. On n’a pas spécialement parlé des finales de l’année (rires). 

Quand on a vu cet effectif XXL se constituer cet été à Monaco, on s’est demandé si un seul ballon allait suffire sur le terrain…

Je pense que oui. On est des créateurs. Il y a beaucoup de gens qui ont l’habitude d’avoir la balle en main mais on est un groupe. On arrive plutôt bien à partager la balle. Il y a encore beaucoup de travail pour être performant et consistant mais pour l’instant je pense qu’on fait du bon boulot. On apprend encore à se connaître, c’est le début de la saison et on va tout faire pour monter en puissance.

Après avoir défendu sur lui, ça fait quoi d’avoir Mike James comme coéquipier?

C’est bien, ça relâche un peu de pression. Quand on est dans une équipe où c’est nous qui avons la responsabilité de créer à chaque fois, au bout d’un moment les défenses s’adaptent. Là on a des joueurs avec Jordan Loyd et Mike James qui peuvent créer et être agressifs dans tous les sens. Ça rend la tâche difficile aux défenseurs. À nous d’être régulier et de ne pas forcer les choses.

Vous ne vous marchez pas un peu dessus parfois? 

On est des joueurs de basket, je pense qu’on a un peu d’expérience. On est capables de s’adapter avec ou sans la balle. Il faut savoir aussi se mettre dans les spots pour avoir des tirs ouverts et faire bouger la défense.

En championnat (7-2) comme en Euroligue (6-2), la Roca Team affiche un bilan positif mais il y a eu des faux-pas récemment... Comment expliquez-vous cette passe difficile avec ces 3 défaites sur les 4 derniers matchs?

On manque de régularité dans l'engagement. Quand on enchaîne les matchs, on joue des grosses équipes, derrière on arrive en Betclic et il y a peut-être un peu de relâchement. On ne peut pas se le permettre parce que chaque équipe qui joue contre nous joue un match très important pour eux dans la saison.  Ils veulent faire un coup tout le temps et c’est à nous de répondre présent. On doit être régulier sur l'énergie, l’engagement et la concentration.

Qu’est qu’il manque à cette équipe pour être plus régulière?

On doit commencer les matchs avec beaucoup d’énergie défensive et se créer des choses simples. Comme ça tout le monde se met en confiance. Pareil sur nos débuts de troisième quart-temps parce que ça a aussi été compliqué sur certains matchs. Il faut parfois aussi faire des choses simples pour faire bouger la balle, on a de la qualité et chacun peut apporter quelque chose au groupe.

Face à vous se présente le Fenerbahçe (7-1), pas forcément la meilleure opposition pour se remettre sur de bons rails…

C’est une équipe qui performe, qui joue bien, qui bouge bien la balle. Ils viennent à domicile donc ça va être la guerre, ça va être un combat. Il va falloir être prêt parce que c’est ce genre d’équipe qui vise le championnat, qui vise le trophée Euroleague donc on veut affronter ce genre d’équipes.

Monaco a échoué aux portes du Final Four d'Euroligue la saison passée, a perdu une nouvelle fois en finale du championnat de France (comme en 1950, 2018 et 2019). Quels sont les objectifs de cette saison? 

Pouvoir apporter un premier titre à Monaco, ce serait énorme! J’aimerais beaucoup y contribuer. Derrière aller loin en Euroleague, comme ils ont pu le faire la saison passée, ce serait bien. Mais pour cela il faut s’en donner les moyens et être performant. On travaille pour ça.

Et sur un plan personnel, tu t’es fixé des objectifs?

Continuer à progresser! Je veux, à la fin de la saison, me rendre compte que j’ai évolué. Je dois travailler encore sur mon jeu, être encore plus régulier sur plein de petits aspects. Ça veut dire prendre en expérience sur le leadership, être consistant, m’améliorer sur la prise de décision. C’est en jouant qu’on apprend et qu’on se développe.

Cet été avec l’équipe de France vous avez ramené une médaille d'argent de l'Eurobasket. Qu'est ce que tu gardes de cette campagne avec les Bleus? 

Que du positif! J’ai pu affronter de très forts joueurs européens. J’ai beaucoup appris sur ce qu’il faut pour aller chercher une médaille. De l'énergie défensive, le jeu collectif, gommer un maximum d’erreurs dans le jeu… J’essaie de retranscrire tout ça à Monaco.

 Focus maintenant sur la coupe du monde l’année prochaine (août/septembre 2023)!

Oui, on s’est qualifiés pendant la dernière fenêtre internationale. Les gars on fait le taf. On va voir comment ça se passera pour l’été prochain. 

Il y en a un qui s’est illustré pendant cette fenêtre, c’est Victor Wembanyama. Tu l’as côtoyé, c’est un phénomène…

C’était mon coéquipier l’année dernière. Il est très prometteur et apporte beaucoup cette saison à son équipe de Boulogne-Levallois qui a un bilan très positif. Il performe à chaque fois, en équipe de France aussi désormais. Tout se passe bien pour lui!

Il est attendu pour être numéro 1 de la prochaine draft. Toi qui connais la NBA (drafté en 31e position par les Suns de Phoenix en 2018, 108 matchs disputés), quels conseils lui donnes-tu? 

Il faut qu’il se prépare à l’adversité, à ne pas toujours être dans une zone de confort. Malgré cela, il doit pouvoir être régulier dans ses performances. Après il y en a qui sont draftés haut et qui ont déjà les clefs dans leurs équipes et pour d’autres ce n’est pas la même chose. Mais vraiment l’adversité, travailler dur, être régulier dans ça pour derrière performer au plus haut niveau face aux meilleurs joueurs. 

 

   

  

 

Maxime Tilliette