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NBA: comment un tirage au sort peut redistribuer les cartes dans la ligue

Ce mardi soir aura lieu la très attendue "lottery" de la draft NBA. Un tirage au sort qui déterminera qui, parmi les pires équipes de la saison, aura le droit de choisir le meilleur joueur universitaire lors de la prochaine draft. Et donc d’accueillir le monstre Zion Williamson, annoncé comme le meilleur basketteur depuis LeBron James.

La lottery, c’est quoi ?

Si le système de la draft, où chaque année, les franchises NBA choisissent à tour de rôle les meilleurs joueurs universitaires - et quelques étrangers - est globalement connu, l’étape précédente passe souvent inaperçue. Pourtant, elle est primordiale. La lottery, comme son nom l’indique, est un tirage au sort (télévisé) qui détermine l’ordre dans lequel les pires équipes de la saison feront leur sélection lors de la draft. En clair, elle décide quelle équipe choisira le meilleur joueur universitaire, quelle équipe choisira le deuxième meilleur joueur, et ainsi de suite. Le tirage 2019 aura lieu ce mardi à Chicago.

Comment ça marche ?

Les 14 pires équipes de la saison, celles qui ne participent pas aux playoffs, se voient accorder un pourcentage de chance d’hériter du premier choix. Théoriquement, l’équipe affichant le plus mauvais bilan est la favorite pour hériter du "first pick". Jusqu’à l’an passé, la formation avec le plus de défaites avait 25% de chance de décrocher le jackpot, puis 19,9% pour la deuxième, et 15,6% pour la troisième. En 2018, le tirage avait été "logique" et avait donné à Phoenix, pire équipe, le premier choix. Les Suns avaient ainsi pu recruter DeAndre Ayton, le joueur universitaire le plus coté (mais un brin décevant).

Sauf que cette année, les têtes pensantes de la NBA ont décidé d’innover. Pour éviter le "tanking", cette habitude qu’avaient certaines équipes de volontairement perdre des matchs en fin de saison pour obtenir le meilleur pourcentage, les chiffres ont été revus. Non seulement la plus mauvaise formation de la saison (les New York Knicks) n’a plus que 14% de chance d’avoir le choix numéro 1, mais les deuxième et troisième pires bilans (les Phoenix Suns, encore, et les Cleveland Cavaliers) ont eux aussi 14% de chance d’obtenir le gros lot. Soit à peine plus que les Chicago Bulls, quatrièmes avec 12,5% ou les Atlanta Hawks, cinquièmes avec 10,5%. Autant dire que le suspense est énorme.

Pourquoi cette édition est particulièrement importante ?

Parce que cette année, l’équipe avec le choix numéro 1 à la draft pourra sélectionner celui que l’on présente comme le meilleur joueur depuis LeBron James en 2003: l’impressionnant Zion Williamson. A 18 ans, l’ailier de l’université de Duke est déjà une star aux Etats-Unis, où tous les amateurs de balle orange sont subjugués par ses dunks en puissance, son gabarit (2,01m pour 129 kg) et son leadership. Le phénomène a été élu joueur de l’année dans le championnat universitaire (NCAA) et a bouclé une saison à 22,6 points de moyenne (à 68%), 8,9 rebonds, 2,1 passes, 2,1 interceptions et 1,8 contre sur 33 matchs.

Si "Zion" ne se noie pas une fois plongé dans le grand bain de la NBA, l’équipe qui l’accueillera sera non seulement beaucoup plus performante, mais également beaucoup plus attractive aux yeux des autres joueurs. Et passera donc dans une autre dimension grâce à un simple tirage. Encore plus si les New York Knicks sont les gagnants. La franchise la plus populaire au monde, en perdition sur un plan sportif depuis des années, rêve d’attirer Williamson, et de recruter des stars comme Kevin Durant ou Kyrie Irving, bientôt libres, pour l’épauler. Ce qui la replacerait de facto dans la course au titre NBA. Enfin.

Clément Chaillou