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Strasbourg: Pietrus raconte le confinement au Rhénus après l'attentat

Tandis qu'un attentat faisait deux victimes et une vingtaine de blessés mardi soir dans les rues de Strasbourg, la SIG s'imposait contre l'Olimpija Ljubljana (81-73), lors de la huitième journée de la Ligue des champions. Joueurs, staffs et public ont été confinés durant plusieurs heures par mesure de sécurité. Florent Pietrus, qui était sur le parquet, raconte à RMC Sport cette soirée décidément à part.

Florent Pietrus, joueur de la SIG, était dans la salle du Rhénus mardi soir, au moment des attentats qui ont fait deux morts et une vingtaine de blessés à Strasbourg. La SIG jouait alors un match de Ligue des champions contre l'Olimpija Ljubljana (victoire 81-73) au moment des faits. Tous les joueurs, comme le public, ont été confinés dans l'enceinte jusqu'à 1h-1h30 du matin, par mesure de sécurité. Florent Pietrus raconte à RMC Sport le déroulement de cette soirée particulière.

Les joueurs informés avant la mi-temps

"Je l'ai su un peu avant la mi-temps, mais on avait pas beaucoup d'informations, raconte Florent Pietrus. J'ai entendu 'attentat', ça m'a tout de suite foutu un coup au moral, je m'imaginais vraiment le pire. Je ne voyais même plus le match se dérouler. Après on est rentrés au vestiaire, on a tous appris la nouvelle, j'ai vu dans les visages de mes coéquipiers qu'on avait tous pris un coup derrière la tête. Tout le monde se demandait où était sa famille. C'était une soirée particulière, très dure mentalement."

Une salle restée très calme

"C'était étrangement assez calme, se souvient le joueur. Les gens ont vraiment respecté le fait de ne pas sortir, de rester dans l'enceinte du Rhénus tant qu'on nous le demandait. Le temps a paru très long, on avait pas trop d'informations, on suivait un peu ce qui se passait sur les réseaux sociaux, les téléphones. C'était particulier. Le speaker essayait de détendre l'atmosphère, nous tenait au courant du déroulement des événements, les gens et les enfants étaient impatients. Mais j'ai pas senti de panique, tout le monde est resté calme parce qu'on était en sécurité. Forcément on pensait tous aux familles des victimes, on a chanté une Marseillaise dans la salle en hommage aux victimes, pour montrer qu'on était tous solidaires."

Le soulagement à la fin du confinement

"C'était un soulagement pour tout le monde, admet Pietrus. Quand on est sortis, il y avait des CRS un peu partout, des policiers pour sécuriser le périmètre, vu qu'on savait toujours pas où il était. Il n'y avait pas de panique mais on a pas trop traîné pour rentrer, avec cet individu dans la nature."

Dur de retourner sur les parquets

"L'erreur à ne pas faire, c'est vraiment leur donner raison, même si on sait que moralement ça prendra quelques jours pour se remettre dans le bain, insiste-t-il. On a pas le choix de continuer, comme tous les Strasbourgeois. On pense aux familles des victimes qui passent des moments terribles, mais il faut que la vie continue. C'est sûr que l'entraînement de demain (jeudi) va être étrange, on aura que ça en tête. Vincent (Collet, coach de la SIG) sait que les joueurs penseront tous à ça. On a eu un choc hier soir, on a tous peur."

M.C