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Mondiaux de cyclisme: quatre as dans les manches bleues

Privée de médaille sur la course en ligne des Mondiaux depuis 2005, l’équipe de France se présente à l’édition 2015, ce dimanche (départ à 15h heure française) à Richmond (Etats-Unis), sans leader unique identifié. Mais avec quatre cartes maitresses pour jouer la gagne parmi ses neuf coureurs.

Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Car abondance de biens ne nuit pas. Pour réviser les vieilles expressions populaires, rien de mieux que de jeter un œil à la stratégie de Bernard Bourreau pour la course en ligne masculine des Mondiaux. Quand certaines nations partiront sous le drapeau du « leader unique » ce dimanche sur les 259,2 kilomètres (16 tours d’un circuit de 16,2 bornes entièrement urbain, plat sur ses deux premiers tiers et avec trois bosses sur la fin pour une arrivée en faux plat montant) du parcours de Richmond (Etats-Unis), le sélectionneur tricolore a préféré garder plusieurs as dans sa manche. Quatre pour être exact.

Les sprinteurs Nacer Bouhanni (Cofidis) et Arnaud Démare (FDJ) en prévision d’une arrivée massive. Les puncheurs Tony Gallopin (Lotto Soudal) et Julian Alaphilippe (Etixx-Quick Step) pour jouer les bons coups. Voilà pour le canevas global. Reste à gérer les egos pour mieux bonifier les ambitions et tenter de ramener la première breloque française dans cette course depuis le bronze d’Anthony Geslin en 2005. « On en discute beaucoup et je leur fais confiance, explique Bourreau. Plus on avance et plus je sens qu’il y a une solidarité qui se fait entre eux. Je suis certain qu’ils ne pensent plus au résultat final mais à la victoire de la France, quel que soit le coureur. » Pour tenter d’imiter Laurent Brochard, dernier des huit Français titrés (à San Sebastian en 1997), ou Charly Mottet, en argent lors du dernier passage des Mondiaux aux Etats-Unis en 1986 (derrière l’Italien Moreno Argentin), les coureurs tricolores se laissent donc plusieurs options. Question de parcours.

« Ne pas hésiter à se sacrifier pour l’autre »

« Ça va se jouer sur le fil, dans les derniers mètres, estime Bouhanni, neuvième l’an dernier à Ponferrada, où le maillot arc-en-ciel était revenu au Polonais Michal Kwiatkowski. Il va y avoir du suspense entre les puncheurs qui voudront faire la différence dans le final et les sprinteurs qui vont vouloir s’accrocher pour basculer en haut de la dernière difficulté et aller sprinter. » Parmi eux, Bouhanni et Démare. Deux rivaux habituels qui vont peut-être devoir trouver un moyen de s’entendre selon les circonstances. « On porte tous le maillot de l’équipe de France, il faut oublier nos équipes respectives et vraiment avoir un collectif, tranche le sprinteur de Cofidis. Il faut se parler et si l’un d’entre nous se sent moyennement bien, il ne faut pas hésiter à se sacrifier pour l’autre. »

Sixième de l’épreuve en 2014, auteur d’une belle saison en 2015, Gallopin sera l’une des plus belles cartes tricolores pour contrer les favoris Peter Sagan, John Degenkolb, Alexander Kristoff, Zdenek Stybar ou Alejandro Valverde (qui a fait du titre mondial son dernier gros objectif en carrière). « L’an passé, j’ai prouvé que j’étais là à la pédale, rappelle-t-il. Je n’ai pas de scénario mais je me dis que je suis capable de le faire. Mais je sais qu’il y a beaucoup d’aléas et qu’il faut de la réussite et des jambes incroyables. Ça ne sert à rien de stresser plus que ça. » Surprenant deuxième de la Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège au printemps, Alaphillipe s’avance à Richmond sans pression. Il pourrait s’y montrer d’autant plus dangereux. « Je suis très content de ce que j’ai fait aux classiques mais c’était au mois d’avril et on est en septembre, nuance le garçon. C’est ma deuxième saison chez les pros et je suis très content d’être ici avec l’équipe de France monde. Ça va être une bonne expérience à prendre donc je vais ouvrir les yeux. » On ne serait pas contre le voir aussi lever les bras.

A.H. avec G.Q. à Richmond