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Chute d’Evenepoel: l’UCI enquête sur les objets dans sa poche, Lefevere en colère

L’Union cycliste internationale (UCI) s’intéresse à un objet sorti de la poche de Remco Evenepoel après sa chute sur le Tour de Lombardie, ainsi qu’à une possible transmission de données en course. L’enquête déclenchée pour faire la lumière sur cette affaire a déclenché la colère de Patrick Lefevere, patron de l’équipe Deceuninck-QuickStep.

Patrick Lefevere a riposté après que l’UCI a diligenté une enquête concernant une vidéo montrant le directeur sportif de l’équipe Deceuninck-QuickStep, Davide Bramati, retirant un objet de la poche de Remco Evenepoel après sa chute sur le Tour de Lombardie. La vidéo, qui a circulé sur Twitter, a obligé le président de la Fédération internationale à solliciter l’appui de la fondation antidopage pour le cyclisme (CADF) afin d’enquêter.

"Je ne savais pas qu’il y avait autant de gens stupides. Même le président de l’UCI", a raillé Patrick Lefevere sur Twitter, ne comprenant pas les soupçons. "Apparemment, ces images suffisent pour déclencher l’enquête d’un organe officiel", s’est-il désolé dans le journal belge Het Nieuwsblad, dénonçant les pratiques de l’ancien entraîneur de Festina, Antoine Vayer, à qui l’on doit ce fameux montage vidéo par lequel tout a commencé.

"Il publie les vidéos les plus ridicules qui soient, délibérément coupées de la manière la plus suggestive possible. Que s’est-il passé en réalité ? Bramati est descendu après la chute de Remco et a enlevé tous les objets durs pour le préserver de blessures supplémentaires, son casque, sa radio et aussi un bidon." Un bidon qui, selon Patrick Lefevere, ne contenait rien de plus qu’une boisson énergétique ou de la caféine.

"Qu’y a-t-il dans un tel bidon ? Du coca, du Red Bull ou un peu de caféine. Rien d’interdit. Il n’y a certainement pas d’analgésique parce que notre équipe ne donne pas dans cette merde. Nous n’avons jamais utilisé de tramadol. Le mysticisme autour du bidon est surtout un effet placebo", a précisé Lefevere, qui a donc estimé l’idée que Bramati soit descendu uniquement pour le bidon "complètement ridicule". L'intéressé s'en est d'ailleurs défendu dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport.

"Je ne comprends même pas qu'on puisse penser à ça. C'était un moment stressant et je pensais devoir retirer les choses dans le dos de Remco, s'est-il justifié. J'ai donc pris sa radio, ses sucres, ses barres, son gel et les ai mis dans ma poche." "Rien d'illégal", a-t-il ajouté pour sa défense. Mais cette version des faits n'a semble-t-il pas encore convaincu l'UCI.

Outre le bidon, l’UCI s’intéresse également à la possible transmission de données en course. "A un moment, le directeur sportif déclare qu’ils avaient pensé qu’il avait chuté parce qu’il avait cessé d’émettre ses données. De quelles données parle-t-on ?", s’est interrogé le président de l’UCI, à Nice vendredi, à la veille du départ du Tour de France 2020. "Il est interdit d’en transmettre un certain nombre. Nous sommes en train d’investiguer sur ce point", a précisé Lappartient. "S’il s’agit juste de données de localisation, c’est différent. Ce sont les ‘datas’ qu’on n’a pas le droit de transmettre."

Dans un communiqué publié samedi, où elle assure qu’elle continuera de coopérer avec la CADF, l’équipe Deceuninck-QuickStep rappelle cependant que les données en question "sont transmises par l’appareil Velon, installé sur les vélos pour le Tour de Lombardie, en partenariat avec l’organisateur de la course". Et se dit convaincue que cette explication "mettra fin à toute nouvelle spéculation entourant l'incident".

QM