RMC Sport

Coronavirus: le président de Cofidis explique le quotidien en confinement aux Emirats

Ce mardi, les autorités des Emirats arabes unis ont indiqué aux équipes cyclistes encore bloquées dans les hôtels, que la période de quarantaine se terminerait le 14 mars prochain. Joint par RMC Sport, Thierry Vittu, le président de la Cofidis, raconte le quotidien à l'isolement.

Depuis le 27 février dernier, date où le Tour des Emirats arabes unis a été annulé par les autorités pour des cas de coronavirus, plusieurs équipes cyclistes sont confinées dans les hôtels. Quatre d'entre elles, dont la Cofidis et la Groupama-FDJ, sont encore bloquées sur place et ont obtenu ce mardi une date de fin de quarantaine: le 14 mars prochain. 

Contacté par RMC Sport, Thierry Vittu le président de la Cofidis, a accueilli la nouvelle avec une certaine forme de soulagement. "On a appris tardivement ce mardi soir que nous étions officiellement mis en quarantaine. Sachant que jusque-là, on ne l'était pas et uniquement tenus au confinement, rappelle Vittu, bloqué aux Emirats arabes unis. C'était une situation où parfois on comprenait quand on pouvait partir, et finalement on ne partait pas. C'était toujours source de stress et d'angoisse. Maintenant au moins, on sait qu'on est en quarantaine jusqu'au 14 mars. Au moins, on a une échéance, c'est assez lointain même si ce n'est que dix jours, mais on sait quand cette aventure va se terminer. "

Les cyclistes ne peuvent plus s'entraîner 

Une aventure qui vire au cauchemar pour coureurs et membres du staff, qui doivent tuer le temps dans un hôtel, alors que le calendrier cycliste, bien que menacé à l'image des épreuves italiennes, continue d'avancer. "Les conditions restent les mêmes: nous sommes en confinement dans nos chambres. Au début, on pouvait se déplacer dans l'hôtel. Maintenant, c'est interdit depuis trois jours, indique encore Vittu. On a interdiction de sortir de la chambre. Les repas nous sont apportés. On sonne à notre porte, on ouvre et on a un panier repas dans les chambres. Cela nous empêche pas d'aller dans le couloir de temps en temps pour nous retrouver. On discute, on prend des nouvelles. On donne la possibilité à chacun de s'exprimer, comme des groupes de parole".

Un hôtel fantôme en clair, pour une situation qui empêche les cyclistes de maintenir une activité physique professionnelle, alors qu'ils venaient ici pour se préparer. "Pour les sportifs, c'est encore plus compliqué car ils n'ont pas la possibilité de s'entraîner, regrette Vittu. Il y a une salle de sports mais on a l'interdiction d'y aller. Il n'y a plus les vélos. Sur le plan diététique, ils ne peuvent pas suivre le régime alimentaire qu'ils devraient suivre pour être performant."

"Aucun cas positif pour la Cofidis" 

Jeudi dernier, les autorités locales annonçaient deux cas de coronavirus en rapport avec la course. Avant que l'Union Cycliste Internationale publie le vendredi un communiqué parlant uniquement de "suspicions". Depuis, toutes les personnes sur place ont enchaîné les tests, avec des informations parfois bien difficiles à obtenir ou vérifier. "On a appris hier qu'il y avait six cas positifs avec les derniers tests réalisés dimanche soir, avance Vittu rapportant les dernières informations données par le ministère de la Santé et de la Prévention. C'est sans doute pour ça que nous sommes en quarantaine mais il n'y a aucun cas positif pour la Cofidis. Nous sommes 16 présents ici, staffs et coureurs inclus. Nous sommes en bonne santé, c'est le plus important". 

Jusqu'au 14 mars donc, il faudra occuper le temps et se résoudre à ce confinement forcé, mettant en péril pour les coureurs de facto une bonne partie des prochaines semaines. "Globalement on garde le moral. Il faut juste faire preuve de patience, de calme, argue le président de la Cofidis. Mais c'est selon la personnalité des uns et des autres. La quarantaine et le confinement ne sont pas faciles à vivre. Nous sommes dans un pays étranger, la communication est assez compliquée avec le personnel de l'hôtel ou les autorités locales."

"Une partie de foot improvisée dans le couloir" 

Sur les vidéos des coureurs et membres du staff qui tournent sur les réseaux sociaux, certains préfèrent tourner en dérision la scène. "Une partie de foot s'est improvisée hier soir dans le couloir entre coureurs, on continue de rigoler, affirme Vittu. C'est important de participer à des distractions collectives. J'ai eu aussi la bonne idée d'emmener mon ordinateur. C'est comme du télétravail avec mon bureau, mes mails. Je suis sollicité en permanence, j'y réponds, je suis occupé en permanence et je ne vois pas le temps passer. Avec la télévision, internet, on a aussi des moyens de distraction".

Des moyens de distractions, du soutien mutuel entre membres du staff et coureurs encore en quarantaine, des soutiens extérieurs... Il faudra prendre son mal en patience pour le personnel de Cofidis, qui sera logiquement libéré le 14 mars prochain. 

GL avec Maureen Lehoux