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Coronavirus: pourquoi les cyclistes sont plus vulnérables

Les sportifs de haut niveau ne sont pas protégés des risques de contagion du coronavirus. Au contraire, certains, comme les cyclistes, sont même plus exposés.

Avant les huis clos dans les stades, le cyclisme a été l'un des premiers sports à subir la crise du coronavirus. Le tour des Emirats arabes unis a ainsi été arrêté le 27 février dernier en raison de plusieurs cas (dont 4 coureurs de l'équipe UAE) parmi les membres du staff et certains coureurs. Mardi, le coureur russe Dmitry Strakhov (Gazprom-RusVelo) a été diagnostiqué positif au Covid-19 à l'issue de la course. 

Le système immunitaire malmené dans les sports d'endurance

Pour Jacky Maillot, médecin de la formation Groupama-FDJ (dont une partie de l'équipe est restée confinée lors de ce fameux Tour des Emirats arabes unis), actuellement engagée sur Paris-Nice, la contagion n'est pas étonnante chez les coureurs, particulièrement exposés. "Certains sportifs sont plus à risque que d'autres notamment dans les sports d'endurance prolongée où on malmène un peu le système immunitaire, explique-t-il à RMC Sport. Les cyclistes, en particulier, sont un peu plus à risque, notamment quand il y a des météos très difficiles comme en ce moment."

Nutrition, désinfection et prudence

Face à la menace, les équipes s'adaptent même si les organisateurs ont fait en sorte de limiter les interactions avec autrui en interdisant la présence du public aux départs et arrivées des étapes. "On est obligé de prendre des précautions beaucoup plus importantes, notamment éviter tout contact avec des gens présumés contaminants, qui ont été en contact avec des personnes porteuses du microbe, poursuit encore le médecin. Au niveau de la vie de tous les jours, on est obligé de prendre des précautions. Ça commence par leur nutrition. On sait qu'il y a des aliments à prendre pour protéger leur système immunitaire. On désinfecte le bus, on a une personne dédiée à ça. Elle désinfecte aussi leurs chambres tous les jours avant que les coureurs arrivent."

"Lorsque le coureur a terminé son étape, il y une période de vulnérabilité immunitaire, souligne-t-il. Dans notre langage, on appelle ça "l'Open Window Phenomenon'. C'est un moment où le coureur est vulnérable à tous les microbes. Quand il court, il est à une température très élevée et quand il s'arrête, il peut perdre entre deux et trois degrés de température centrale en quelques minutes. Là, on a un vrai risque immunitaire. Il baisse ses anticorps à tous niveaux: au niveau de la muqueuse salivaire, au niveau sanguin... Là, il faut être très prudent. Parfois, on demande aux coureurs de ne pas répondre aux médias. On les rhabille, on les change tout de suite pour ne pas avoir ce brutal changement de température."

NC avec Arnaud Souque