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Cyclisme: nouveau protocole commotion de l’UCI, après la lourde chute de Bardet

L'UCI a publié ce jeudi un nouveau protocole pour gérer les commotions cérébrales. Une adaptation qui survient après la lourde chute de Romain Bardet sur le dernier Tour de France. Le Français avait été contraint à l'abandon à l'issue de la 13e étape pour commotion cérébrale.

Les images avaient interpellé le 11 septembre dernier, sur les routes du Tour de France, lorsque Romain Bardet avait lourdement chuté, avant de reprendre la route pour terminer les derniers 90 kilomètres de l'étape. Le cycliste français s'était même écroulé sur le bitume, pour finalement abandonner après la ligne d'arrivée, victime d’une commotion cérébrale.

En réaction à cela, l'Union cycliste internationale (UCI) a annoncé ce jeudi, à travers un communiqué, la publication d'un nouveau protocole commotion, après des travaux lancés en 2019. Ce protocole s’appliquera à "toutes les disciplines du calendrier international de l'UCI à partir de la saison 2021".

L’UCI rappelle que commotions cérébrales liées au sport "augmentent le risque de troubles neurocognitifs par des effets sur la mémoire, la parole et la vitesse de réaction qui doivent être reconnus et traités rapidement". Ce qui représente, sur les huit disciplines du cyclisme (cyclisme sur route, sur piste et en salle, montagne vélo, BMX Racing, BMX Freestyle, cyclo-cross, trial), entre 1,3% et 9,1% des blessures, selon les chiffres présentés dans le communiqué.

Plusieurs critères pour identifier une potentielle commotion

Face à la difficulté de faire un diagnostic rapide pour prendre la décision immédiate d’un abandon ou d’un retour à la compétition, l'UCI recommande que "les professionnels comme les entraîneurs, les directeurs sportifs, les mécaniciens et les coureurs soient formés pour reconnaître les signes de suspicion de commotion, car ils sont très souvent les premiers sur les lieux après la chute d'un coureur".

Dans un long document, l’UCI a présenté les critères pour identifier une potentielle commotion. Les pertes de conscience, convulsions, changements de comportement ou agitations, vomissements, maux de tête, frissons ou picotements, douleurs ou sensibilité dans le cou, sont des critères dit "drapeaux rouges", synonyme d’abandon obligatoire. Si le coureur semble lucide mais que le choc a été violent ou que son casque est fendu, le premier médecin présent sur les lieux peut lui faire passer une évaluation accélérée, inspirée de celles en vigueur dans les sports collectifs.

"Dans quelle course sommes-nous? Qui a gagné hier? Combien de kilomètres reste-t-il?"... pendant que les secondes défilent, s'enchaîneront questions-type, tests d'équilibre, mots à retenir et chiffres à répéter à l'envers. Une évaluation qui se fait en trois étapes: pendant la course, juste après l'impact, puis après l'arrivée de l'épreuve (le même jour) et enfin le lendemain. Car les symptômes d'une commotion se déclarent souvent dans les 24 heures suivant le choc.

Un arrêt de la compétition d'une semaine

Le protocole énonce également les recommandations pour le retour d'un coureur à la compétition. Pour cela, les athlètes souffrant d'une commotion cérébrale devront observer une période de repos complet comprise entre 24 et 48 heures. Ils ne pourront pas reprendre la compétition pendant au moins une semaine après dissipation de leurs symptômes.

L’adaptation de ce protocole était urgente, selon le directeur médical de l'UCI, le professeur Xavier Bigard, qui déclare que "la question des commotions cérébrales liées au sport était l'une de mes priorités, avec la mauvaise utilisation du tramadol, lorsque je suis arrivé à l'UCI en 2018". Ce protocole va permettre de "retracer plus facilement les cas individuels de commotion et de mieux comprendre leur place dans la traumatologie du cyclisme".

ALR