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Tour de France: pourquoi Bardet a dû finir l'étape malgré sa commotion cérébrale

Romain Bardet a bataillé avec les favoris pendant plusieurs heures après avoir chuté vendredi, alors qu’il souffrait sans le savoir d’une commotion cérébrale. Le format de la course empêche les équipes de prendre soin de leurs coureurs sans risquer de les disqualifier.

Les coureurs du Tour de France ont pris le départ de la 14e étape sous un soleil radieux ce samedi, mais sans Romain Bardet, contraint à l’abandon après une chute brutale la veille. Le Français était parvenu à rejoindre la ligne d’arrivée, avec un débours de plusieurs minutes sur les hommes forts de la Grande Boucle. Ce n’est que plus tard dans la soirée qu’une commotion cérébrale lui était diagnostiquée.

Comment l’expliquer ? "La course cycliste fait qu’on était obligé de repartir, s’est justifié Julien Jurdie, le directeur sportif de la formation AG2R La Mondiale, ce samedi. On a fait un bilan médical en trente secondes, mais on n’a pas le choix. On n’a pas de protocole comme dans un sport collectif. Il faut repartir, sinon la course s’arrête. On est sur une course cycliste, tout doit se faire dans l’instantané." Romain Bardet est donc reparti, non sans mal pour se relever. Ses coéquipiers l’ont aidé à enfourcher son vélo.

Jurdie: "Un moment douloureux à vivre"

Et heureusement pour le leader et son équipe, la formation Jumbo-Visma avait eu la bonne idée de temporiser. "On a pu rentrer sans grande difficulté à l’avant, mais on est dans l’incapacité. On ne peut pas dire que la course s’arrête pour faire un check-up complet avec Romain et dire: 'ça va, on repart, ça va pas, on repart pas'. Romain était lucide, il n’y a pas eu de perte de connaissance. Romain nous a donné le feu vert, on a continué." L’urgence de la situation a pris le dessus, du moins dans un premier temps.

Le choc émotionnel a tout de même été difficile à encaisser pour le staff. "C’était un moment douloureux à vivre, a confié Jurdie. Personnellement, cela a été un choc parce qu’on s’attendait à tout sauf à ça. Dès que le message des équipiers est tombé, et que Romain avait lourdement chuté, il y avait un gros stress dans la voiture. On espère toujours que le coureur est tombé légèrement, que ça va aller. Je connais parfaitement Romain, ça fait plus de dix ans que je le côtoie, je sais que c’est un guerrier qui a un fort mental. Quand je l’ai vu comme ça, les yeux hagards, et surtout se relever puis se remettre à terre, j’ai vite compris que quelque chose s’était passé."

QM avec SG