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Dopage: jugé coupable, l'ancien médecin de Sky sort du silence

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Team Sky - AFP

Richard Freeman, ancien médecin de l’équipe britannique de cyclisme et de la formation Sky, a été reconnu coupable vendredi d’avoir commandé, en 2011, de la testostérone, en sachant qu’elle était destinée à un coureur. Mais le médecin clame toujours son innocence.

Deux jours après le verdict, Richard Freeman a décidé de contre-attaquer. Le médecin s’est exprimé dimanche pour la première fois dans les colonnes du Daily Mail. "Je n'ai jamais dopé un coureur de ma vie", a-t-il répété. Vendredi, il a été jugé coupable d’avoir commandé de la testostérone - substance interdite en compétition et hors compétition - en juin 2011 "en sachant ou en croyant" que le produit allait être administré à un coureur dont le nom n’a pas été révélé.

"Le tribunal a conclu que vous, le Dr Freeman, avez passé la commande et obtenu le Testogel, sachant ou croyant qu'il devait être administré à un athlète pour améliorer ses performances sportives. Le motif de votre action était de dissimuler un comportement", a annoncé Neil Dalton, président du Medical Practitioners Tribunal Service de Manchester, qui statue sur les plaintes déposées contre les médecins.

"J’ai reconnu mes mensonges"

Ancien médecin de l’équipe Sky et de British Cycling entre 2009 et 2017, Freeman avait déjà admis 18 des 22 chefs d'accusation retenus contre lui, dont l'achat de testostérone interdite, mais aussi le mensonge à l'Agence antidopage britannique et la fourniture d’un traitement inapproprié au personnel non-sportif. Mais il conteste en revanche quatre chefs d'accusation, tous liés à la livraison de testostérone au siège de British Cycling et de Team Sky à Manchester en juin 2011. Richard Freeman explique pour sa part avoir commandé ces produits pour soigner les problèmes d’érection de Shane Sutton, ancien entraîneur de British Cycling et Team Sky.

"Je ne vois toujours aucune preuve de l'identité de ce coureur", s’est encore défendu le médecin britannique. "J'accepte qu'il y ait des gens qui ne me croient pas. Certains diront que j'ai menti et qu’on ne peut pas me faire confiance. Mais j’ai reconnu mes mensonges", a-t-il insisté. Selon le Tribunal, aucune preuve n’a montré que Sutton avait utilisé du Testogel, alors que des informations concernant ses antécédents médicaux ont été publiées.

"Je suis toujours choqué par ce verdict"

"Nous [Sky et British Cycling] étions plus intéressés pour dépenser de l'argent pour des roulements en céramique que pour un système de dossiers médicaux", a également confié Freeman. "Je suis toujours choqué par ce verdict. J'ai commis beaucoup d'erreurs, mais je ne suis pas un médecin qui dope.'' De son côté, l’équipe Sky, depuis renommée Ineos Grenadiers, a affirmé dans un communiqué qu'aucun de ses coureurs n'avait cherché à utiliser de la testostérone. L’équipe a également indiqué qu’elle continuerait "d’apporter (son) soutien et (sa) coopération sans réserve à l'agence britannique antidopage".

Malgré le verdict prononcé vendredi, l’affaire est loin d’etre terminée. Le tribunal siégera encore pendant trois jours pour évaluer si le permis d'exercice du docteur Freeman est altéré. Il sera de nouveau jugé en avril pour décider de la perte ou non de son agrément de médecin. En attendant, la Fédération britannique de cyclisme est sous le feu des projecteurs et se retrouve fortement ébranlée. Une situation d’autant plus génante que le cyclisme est le sport olympique le plus vecteurs de titres Outre-Manche.

LL