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Paris-Tours: le nouveau parcours, avec les chemins de vigne, copieusement critiqué

Dans leur quête de spectacle, les organisateurs de Paris-Tours avaient décidé d'ajouter neuf chemins de vigne au parcours de l'édition 2018, remportée ce dimanche par le Danois Soren Kragh Andersen. Une nouvelle formule qui a ses détracteurs.

Pour sa 112e édition, remportée ce dimanche par le Danois Soren Kragh Andersen (Sunweb), Paris-Tours avait décidé d’offrir un parcours inédit au peloton avec l’instauration de neuf chemins non goudronnés répartis dans les 60 derniers kilomètres à travers les vignobles situés près de la Loire. Des chemins de vigne cahoteux et chaotiques destinés à pimenter la course et permettre aux baroudeurs de surprendre les sprinteurs. Sur ce point, les organisateurs ont réussi leur coup puisque Kragh Andersen s’est imposé en solitaire, mettant fin au règne des sprinteurs.

Mais si le scénario traditionnel a été bouleversé, il a aussi été marqué par un nombre incalculable de crevaisons et de chutes, qui ont réduit à néant les espoirs de favoris comme le Belge Philippe Gilbert. De quoi sérieusement agacer certains coureurs. "J'ai trouvé les chemins un peu exagérés. Il y avait beaucoup de cailloux qui coupaient les boyaux et rendent la course aléatoire. Disons que c'était une expérience", a lâché à l’arrivée le Belge Oliver Naesen, qui s’est classé quatrième. Pendant la course, Patrick Lefevere s’est lui montré encore plus cash.

Quick-Step ne reviendra plus

"Cela n'a rien à faire dans une course sur route. Même si on gagne, c'est la dernière fois que nous participons à cette course", a assuré sur Twitter le manager de la formation Quick-Step Floors, alors même que son coureur Niki Terpstra était alors bien placé pour l’emporter. Directeur sportif du Tour de France et directeur de course de Paris-Tours, Thierry Gouvenou a lui-même reconnu que "c’était limite par endroits". "J’ai bien conscience du rôle des crevaisons. Il y avait sans doute un peu trop de secteurs, un peu trop denses. On va réajuster les choses", a-t-il promis.

Selon lui, de gros orages ont provoqué dans la nuit de samedi à dimanche des ornières par rapport aux reconnaissances du parcours. "C'était beau et télégénique. La copie n'était pas parfaite, mais on a avancé", a ajouté Gouvenou, qui rêve de créer dans quelques années en France une nouvelle course inspirée des Strade Bianche, une épreuve du début de saison en Italie célèbre pour ses chemins de terre et ses nuages de poussière. Quatorzième à l’arrivée, Arnaud Démare a lui aussi critiqué le nouveau tracé de Paris-Tours, en étant toutefois plus mesuré que Lefevere.

Démare regrette l'ancien parcours

"C’était un beau parcours et ça devait être beau à la TV mais je préférais l’ancien parcours qui avait toutes ces qualités et donnait autant de spectacle. Notre matériel n’a pas été épargné par ces chemins de vignes où les coureurs explosaient par grappes de vingt", a regretté le sprinteur français, qui faisait partie des favoris avec son expérience des classiques du printemps sur les pavés. Valentin Madouas, son équipier chez Groupama-FDJ, a lui apprécié les "belles petites bosses" et les "secteurs avec beaucoup de cailloux". "Le parcours me plaît", a-t-il confié, preuve que tous les coureurs n'étaient pas négatifs.

Même refrain, sans surprise, du côté du vainqueur du jour: "Les dix derniers kilomètres ont été très durs, mais cela en valait la peine. C'était une vraie classique! Certains secteurs étaient un peu dangereux, mais j'ai aimé", a déclaré Kragh Andersen, décidément très à l’aise sur Paris-Tours, qu’importe le parcours, puisqu’il avait pris la deuxième place l’an passé derrière l’Italien Matteo Trentin.

RR avec AFP