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Cyclisme sur piste, Grégory Baugé : "J’ai l’impression qu’on était trois gangsters"

Grégory Baugé

Grégory Baugé - AFP

Sur l’antenne de RMC, Grégory Baugé, quadruple champion du monde de cyclisme sur piste, est revenu en longueur sur sa non-sélection pour les championnats d’Europe (19-23 octobre à St-Quentin-en-Yvelines) et surtout sur le fiasco des Jeux olympiques de Rio, d'où les Bleus ne sont repartis qu’avec une médaille de bronze.

Grégory Baugé, après des JO ratés, Vincent Jacquet, le DTN, a critiqué votre attitude et celle de vos coéquipiers lors des Jeux olympiques. Il ne vous a pas retenu pour les championnats d’Europe. Quelle est votre réaction ?

Quelques semaines avant les Jeux, j’ai évoqué les championnats d’Europe en France avec l’entraîneur Laurent Gané. Je lui avais dit que je donnerais ma réponse à tête reposée. En aucun cas, je n’ai eu une discussion avec le DTN. Je ne veux pas ajouter de l’huile sur le feu. On s’est exprimé dans la presse après les Jeux olympiques. On n’aurait peut-être pas dû. Mais il faut qu’on fasse comprendre à nos supporters, ceux qui ne sont pas dans notre quotidien, ce qu'il se passe. Après les résultats décevants, je pensais qu’on allait se réunir, qu’on allait remettre les choses à plat. Ça n’a pas été fait. J’ai lu un peu les propos du DTN. C’est lui qui était le boss aux JO, c’est lui qui aurait dû insuffler quelque chose. Quand il y a un boss, c’est plus facile. Pour moi, c’est un échec global. On n’a pas eu de boss en face de nous. S’il veut mettre en place un nouveau cycle, qu’il le fasse. Si ça ne fonctionne pas, tant pis. Il est dit qu’on sanctionne les trois coureurs présents aux Jeux olympiques. Pour ma part, je n’ai jamais envisagé de faire les championnats d’Europe.

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Après les Jeux, vous avez pu vous entretenir avec les dirigeants de l’équipe de France ?

Non. Il n’y a rien eu. Il faut essayer d’avancer. On est simplement des athlètes, on a un certain palmarès, de l’expérience. On n’est pas dans cette équipe depuis aujourd’hui. On a eu des staffs qui nous ont dirigés. Pourquoi ça a marché avec eux ? J’ai l’impression que les trois coureurs (Baugé, Pervis et D’Almeida) étaient des gangsters, que c’est nous qui avons fait des choix, qui avons pris les décisions. Ce n’est pas mon point de vue. On parle de trois coureurs mais dans l’ensemble de cette équipe de France, en sprint comme en endurance, il y en a beaucoup qui pensent la même chose.

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Vous avez l’impression que le staff n’a pas fait son mea culpa ?

Oui. Au vu des propos du DTN, c’est ce que je ressens. On a l’impression que c’est la faute de trois coureurs, que c’est à cause d’eux qu’on n’a pas eu de médaille d’or. Mais ce sont ces trois coureurs-là qui ont apporté la seule médaille à notre Fédération (vitesse par équipe). Après coup, on est quand même allé la chercher. C’est dur d’aller chercher les plus belles médailles quand on sent qu’on n’a pas les bonnes personnes autour de nous. Les personnes qui étaient là ne nous ont pas compris.

Allez-vous poursuivre votre carrière internationale ?

Je suis assez déçu par les propos du DTN. On peut me critiquer mais pour la suite, je vais me laisser un peu de temps. Je pense que je n’ai pas tout donné. En tant que champion, je ne me vois pas m’arrêter comme ça. D’ici la fin du mois, je pense annoncer quelque chose.

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