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JO 2016, cyclisme : Baugé tombe de haut… Comment expliquer une telle faillite ?

Grégory Baugé

Grégory Baugé - AFP

Prétendant autoproclamé à la médaille d’or en vitesse individuelle aux JO 2016, Grégory Baugé a été éliminé dès les quarts de finale ce samedi à Rio. Une défaite cinglante qui symbolise la mauvaise santé de la piste française.

C’est ce qu’on appelle une claque. De celles qui font mal. Ce samedi, Grégory Baugé a été sorti dès les quarts de finale de la vitesse individuelle des JO de Rio par le Russe Denis Dmitriev, qui ne l’avait pourtant jamais dominé avant ces Jeux. « Désolé » pour les Français, ses fans et l’équipe de France olympique, le quadruple champion du monde est le symbole d’une piste tricolore qui n’a pour le moment ramené qu’une médaille, en bronze, sur la vitesse par équipes.

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Pourtant, le « Tigre » avait répété à l’envi avant la compétition qu’il se sentait fort. Encore plus qu’à Londres, où il avait pris l’argent dans cette discipline. Un excès de confiance qu’il se prend forcément comme un boomerang ce samedi. « Il a été par moments un peu arrogant, avoue Laurent Gané, entraîneur de la vitesse par équipes. Mais on ne peut pas lui en vouloir, c’est un champion. C’est un gars qui a été quatre fois champion du monde et vice-champion olympique. On ne peut pas lui en vouloir de dire : "Je vais être présent à Rio et je vais être champion olympique". C’est comme ça que les champions avancent. Et aujourd’hui il ne faut surtout pas lui jeter la pierre. »

Gané : « Je me pose des questions sur l’approche de Baugé »

Plus que l’échec de Baugé, c’est celui de toute la piste française qui est constaté. La première explication est sportive, puisque si les chronos des Bleus sont souvent meilleurs que ceux réalisés il y a quatre ans, leur progression a été moins forte que celle des autres nations. « Le niveau a évolué aussi, explique Baugé. Ce ne sont pas les mêmes courses, tout évolue ». « Je suis le premier surpris parce que Grégory est arrivé au Brésil en forme, et aujourd’hui je me pose des questions sur son approche, poursuit Gané. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé à un moment donné. C’est difficile à expliquer à chaud. Mais de le voir dans cet état et impuissant face à Dmitriev, c’est difficile à expliquer. »

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L’autre explication dans cet échec trouve ses racines dans les problèmes internes à la piste française, au-delà de l’aspect sportif. Le choix de faire une croix sur des bons résultats lors des derniers Mondiaux en mars, afin de mieux atteindre le pic de forme à Rio, n’a par exemple pas payé. « Ce n’était pas un pari, c’était une compétition que l’on a abordée avec un minimum de sérieux quand même, qui faisait partie de notre parcours de préparation quand même, se justifie Vincent Jacquet, le DTN du cyclisme français. Maintenant, entre les Mondiaux et les Jeux olympiques, l’annonce des sélections, l’engagement au niveau du travail auprès de l’équipe a été difficile. On ne va pas se le cacher. Tous les jours, on a dû faire face à des athlètes qui attendaient énormément de nous. Mais derrière, on attendait énormément d’eux, tout simplement.»

Le DTN veut « se poser les bonnes questions »

Reste désormais à trouver les bons remèdes pour ne pas connaître les mêmes déconvenues dans quatre ans à Tokyo. « On va se poser les bonnes questions par rapport à notre modèle de performance, à notre façon de travailler, prévient Vincent Jacquet. On a vécu une olympiade avec beaucoup de changements. L’instabilité, ce n’est jamais bon pour les athlètes ni pour nous. Je me retourne et très concrètement, on n’a pas beaucoup d’entraîneurs chez nous. Donc je crois qu’il faut revoir la filière, la formation de nos entraîneurs, la détection de nos jeunes, la formation de nos jeunes athlètes pour petit à petit accompagner une génération à grandir. Il va falloir que l’on se penche dessus. On est à une jonction, tout simplement. »

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dossier :

JO de Rio 2016

AA avec GQ