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Mondiaux sur piste : le nouveau terrain de chasse... aux moteurs

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Après le cyclocross et la route, l’Union cycliste internationale (UCI) a décidé d’étendre sa vague de contrôles pour détecter les vélos à moteur au cyclisme sur piste, lors des Mondiaux de Londres, qui ont débuté mercredi. Une décision qui suscite une certaine surprise chez les coureurs.

Ils étaient là mercredi pour l’ouverture des Mondiaux de cyclisme sur piste de Londres. Et encore bien présents jeudi, avec leurs tablettes, qu’ils passaient le long des cadres et du tube de selle mais aussi des roues des différents vélos qu’ils ont contrôlés ces deux jours-là après les avoir pesés. Ils, ce sont les commissaires de l’Union cycliste internationale, qui, conformément à la politique mise en place ces dernières semaines, ont procédé à des vérifications sur plusieurs vélos – 35 le mercredi, 80 le jeudi – afin de déceler toute trace de champ magnétique et donc, de la présence d’un éventuel moteur.

Pervis : « Tu veux le mettre où le bouton pour actionner le moteur ? »

Après la route et le cyclocross, c’est donc aux tour des pistards de faire l’objet de contrôle massif de l’UCI. « L’objectif est de contrôler plus de 200 vélos pendant les Mondiaux », a indiqué le directeur général de l’instance internationale, Martin Gibbs. Cette chasse aux moteurs, initiée depuis la découverte d’un cas de tricherie mécanique lors des championnats du monde de cyclo-cross, le 30 janvier en Belgique, en a surpris plus d’un et notamment le Français François Pervis. « Est-ce que c’est une bonne chose ? Oui et non. Si on ne fait pas ces contrôles, l'UCI sera critiquée donc autant les faire, comme ça tout le monde est content, estime le champion du monde en titre du keirin. Mais sur la piste, tu veux le mettre où le bouton pour actionner le moteur ? On n'a pas de cocotte. On ne peut rien cacher. Ça me semble aberrant. Mais bon... on ne sait jamais. »

Il y a quatre ans, aux Jeux Olympiques de Londres, les premières rumeurs de « fraude technologique » étaient apparues. Les fantasmes les plus fous s'exprimaient alors sur les roues des Britanniques. « Moi sincèrement, je n'y ai jamais trop cru, affirme Pervis. Ce n'est pas pour me cacher la vérité. Celui qui s'amuse à mettre des roues magnétiques sur piste, il serait bête de le faire avec ces nouveaux contrôles. Il faudrait être stupide. Mais bon, il y a des gens stupides ! » Alors autant continuer à effectuer des contrôles…

la rédaction avec G.Q