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Mondiaux sur piste: les Bleus se crashent avant Rio

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L’équipe de France termine les Mondiaux sur piste avec deux médailles d’argent et une de bronze, soit le pire bilan depuis 1992. Même si l’objectif numéro un reste le rendez-vous olympique de Rio, on n’attendait pas les Bleus en si petite forme à Londres. Surtout que l’ambiance en coulisse est loin d’être au beau fixe…

Pas un titre mondial, deux médailles d’argent, une de bronze. La France achève ses championnats du monde de cyclisme sur piste la tête basse, à la 14e place. Un rang indigne de son standing pour un bilan qu’on n’avait pas vu si mauvais depuis 1992. « On a la mâchoire serrée car l’équipe de France n’est pas à sa place aujourd’hui, regrette Vincent Jacquet, le DTN tricolore. Il y a des inquiétudes sur les deux contre-performances de François Pervis, qui a complètement démissionné aujourd’hui (dimanche) sur le keirin et qui ne s’est pas qualifié sur la vitesse individuelle. »

Sujet à des problèmes personnels qui nuisent à ses performances, Pervis a déçu à Londres. Mais il n’est pas le seul. Cet échec global, les Bleus l’avaient annoncé, Londres n’étant qu’un point de passage avant les Jeux Olympiques de Rio, où les pistards ont programmé leur pic de forme. Mais ils ne pensaient pas que le crash serait aussi violent. « On n’est vraiment pas en avance, soupire Vincent Jacquet. On n’a plus le temps de tergiverser. On n’est pas dans l’urgence mais on est dans un travail qu’il faudra accomplir à huis clos, avec l’annonce de cette sélection (le 4 avril). Il faudra créer les conditions de la réussite. » Ce n’est pas gagné.

Baugé taclé pour sa suffisance

Pour l'instant, les leaders Grégory Baugé et François Pervis sont invisibles sur la piste. Et l'ambiance dans l'équipe est électrique. « Je ne les ferai pas partir en vacances ensemble, avoue Vincent Jacquet. Mais j’attacherai énormément d’importance à ce que les individualités, aussi talentueuses soient-elles, forment un esprit d’équipe. Les Jeux, c’est la guerre. »

Certains, comme Grégory Baugé ne s’inquiètent pas sur leur sort. « Je ne vois pas pourquoi je ne serais pas présent. Quand je suis au meilleur de ma forme, je suis là », avance le Guadeloupéen qui assure être « indispensable à l’équipe de France. » Une assurance qui ne plait pas à Vincent Jacquet, qui l’a taclé pour sa « suffisance ». Les deux hommes se sont expliqués pendant une heure samedi pour essayer de mieux se comprendre… L’ambiance est aussi très tendue au sein de l'équipe. Certains pistards ne s'adressent même pas la parole. C’est dans cette atmosphère loin d’être idyllique que l’équipe de France se projette désormais vers les JO. Elle a cinq mois pour éviter l’implosion à Rio.

la rédaction avec Georges Quirino à Londres