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Tour d’Italie: le départ inédit d’Israël ne fait pas que des heureux au sein du peloton

Thibaut Pinot à l'entraînement avant le départ du Giro en Israël.

Thibaut Pinot à l'entraînement avant le départ du Giro en Israël. - AFP

Pour la première fois de son histoire, le Tour d’Italie va s’élancer ce vendredi depuis une ville hors d’Europe. Pendant trois jours, le peloton va rouler en Israël, avant de revenir à domicile. Une nouveauté qui ne fait pas le bonheur de tous les participants.

C’est un événement sans précédent. Avant 2018, aucun des trois grands tours (Italie, France, Espagne) n'avait effectué une incursion hors d'Europe. Mais cette année, le Giro s’apprête à devenir pionner dans ce domaine, avec le grand départ programmé ce vendredi à Jérusalem par un contre-la-montre individuel, avant deux étapes samedi et dimanche dans le nord et le sud d'Israël.

Accueillir une compétition aussi prestigieuse que le Tour d’Italie devrait donner un grand coup de projecteur sur la campagne d'Israël, qui cherche à se présenter comme une destination touristique et sportive en dépit du conflit avec les Palestiniens. Malgré tout, certains acteurs du Giro ressentent une pointe d’insécurité à l’idée de voyager en Israël. C’est le cas de Martial Gayant, directeur sportif chez Groupama-FDJ.

Le directeur sportif de Groupama-FDJ ne rejoint l'équipe qu'en Italie

"Je n’ai pas souhaité y aller pour la raison que quand je pars en vacances, je ne me vois pas partir en Egypte, ni en Tunisie, ni au Maroc. Donc de là à mettre ma vie en danger pour le vélo...", confie-t-il pour RMC Sport. "Je l’ai déjà fait plusieurs fois dans ma carrière pendant 11 ans, où j’ai pris des risques dans les descentes de col, dans les sprints ou à Paris-Roubaix. On murit avec le temps et je prends la sage décision de ne rejoindre que l’équipe à partir de la Sicile pour mon bien être et mon esprit aussi."

Toujours du côté de la formation française, Arthur Vichot a lui aussi demandé à ne pas prendre part au Giro cette année, alors que le leader Thibaut Pinot regrette surtout l’éloignement par rapport à l’Italie. "J'aurais préféré découvrir ce pays hors du Giro. Mais c'est la course, je l'accepte. Du coup, il y a un voyage en avion et un jour de repos après trois étapes. Je ne suis pas fan des jours de repos, ça casse le rythme. Si cela ne tenait qu'à moi, il n'y aurait pas de jours de repos dans un grand tour."

Tom Dumoulin: "C'est un peu tendu au niveau de la sécurité"

Chez les favoris, le vainqueur sortant Tom Dumoulin a lui aussi exprimé une pointe d’appréhension avant le départ. "C'est un peu tendu au niveau de la sécurité. Mais je n'ai pas plus peur que lorsque j'arrive sur les Champs-Elysées au Tour de France", a tout de même tenu à relativiser le Néerlandais. Ce vendredi, les coureurs se mesureront sur un parcours de 10 km dans l'ouest de Jérusalem, sans empiéter sur la partie orientale de la ville, qu'Israël occupe depuis 50 ans et a annexée, ce que la communauté internationale ne reconnaît pas.

VIDEO. Thibault Pinot va faire le Giro et le Tour de France

D.W avec P-Y.L et AFP