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Bardet : "Le début de nouvelles belles choses"

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Romain Bardet, deuxième du Tour de France, était l’invité de l’Intégrale Sport, ce lundi soir sur RMC. Ses performances sur la Grande Boucle, les Jeux olympiques de Rio, ses objectifs sur les prochains Tours… Le Français se  confie.

Romain, après cette arrivée sur les Champs-Elysées comme dauphin de Chris Froome, le sommeil a-t-il été facile à trouver ?

Le sommeil a été un petit peu difficile à trouver. C'était beaucoup d'émotions, avec les Champs-Elysées et la concrétisation de ce beau podium. On ne réalise pas encore tout à fait. On a envie de rester un peu plus sur cette euphorie.

Avez-vous le sentiment d'avoir fait la course parfaite ?

Oui. Cette année, je n'ai pas été désavantagé par les conditions. Je n'ai pas perdu de temps sur des aléas. J'ai pu vraiment m'exprimer quand le terrain était favorable. Il n'y a pas eu non plus de circonstances particulièrement propices comme ça a pu être le cas en 2014. Mais c'est vrai que j'ai eu petit peu de réussite - il en faut - pour faire une bonne performance sur le Tour. Même Chris Froome en a eu, on l'a vu avec l'épisode du Ventoux. Tout était bien aligné pour moi cette année, mais il y a eu un niveau physique et une équipe consistante derrière pour arriver à ce résultat.

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Quand l'émotion a-t-elle été la plus forte ?

Peut-être la montée sur le podium quand même, le moment de se dire "Ouf, c'est sécurisé, il ne va plus rien nous arriver, on a travaillé dur pour ça, il y a eu 21 jours de tensions avec des hauts et des bas". Une fois la ligne franchie sur les Champs-Elysées, on se dit que maintenant, on peut en profiter un peu et savourer avec les coéquipiers. C'est la beauté du sport : rien n'est acquis, même sur les Champs il y a eu une grosse chute. Ça a vraiment été du stress jusqu'à la ligne.

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Sur le podium, vous avez pu voir tous vos équipiers devant vous, tous là pour vous féliciter...

Ils m'ont fait une belle surprise. C'est un peu hors du protocole, d'avoir l'équipe du second, mais c'est un geste fort. Ça m'a beaucoup touché. Je leur dois beaucoup dans ce beau résultat. Avoir pu partager ça tous ensemble sur les Champs, ça va rester dans ma mémoire. 

Est-ce que vous vous voyez gagner le Tour un jour ?

Je n'en suis pas là. Il faut de la réussite, c'est sûr, et aborder l'événement comme j'ai pu le faire cette année avec professionnalisme et aussi une certaine décontraction. On voit que dans le sport, tout peut arriver. J'aurai des Tours beaucoup plus difficiles que celui-là à gérer mais j'espère qu'il m'en reste suffisamment devant moi pour tenter des choses et continuer cette belle histoire que j'entretiens avec le Tour.

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Un pallier a été franchi cette saison ?

Oui, cette saison, je me trouve beaucoup plus consistant dans mes performances. Ma cinquième année professionnelle y est pour beaucoup puisque c'est un long cheminement, des choses qu'on met en place au fil des années au sein de l'équipe et moi-même. C'est la concrétisation de beaucoup d'efforts. Il n'y a pas de raison que ça ne continue pas ainsi. J'espère que cette performance sera le début de nouvelles belles choses. 

Pensez-vous que pour l'édition 2017, l'organisation peut vous donner un coup de pouce avec un profil qui vous correspondrait ?

(Rires) Je n'irai pas jusqu'à dire ça. Il y a des réflexions plus profondes chez l'organisateur. On se doit, pour le spectacle, d'avoir des parcours agressifs. A chaque fois, on a des parcours intéressants. Des fois, des étapes marchent bien pour dynamiter la course. J'espère que des étapes comme la 19e - courte, avec des descentes sinueuses - peut donner des idées pour qu'il y ait des rebondissements et que ça fasse la gloire de notre sport.

Les rendez-vous avec les médias s'enchaînent. Comment vivez-vous ces quelques heures ?

Je dirais que c'est quelque chose de différent et d'important aussi. Le sport ne se limite plus à la dimension physique. Je suis heureux de pouvoir commenter ce beau mois de juillet pour moi.

Qu’allez-vous faire de votre prime ?

Je n'attends pas de faire de bonnes performances pour profiter de la vie ! C'est ce qui me permet aussi d'avoir ce détachement sur le vélo et de profiter de tout ce qui m'arrive. Ce qui est important pour moi, c'est de retrouver mes proches et de retrouver un cadre familier dans les prochaines heures.

Vous n'allez pas avoir de repos, le départ pour Rio arrive...

Effectivement, on part en fin de semaine pour Rio pour les Jeux olympiques. Ça va arriver très vite. Il faut bien gérer ces quelques jours avant.

Quel est votre programme de ces quelques jours justement ?

Je vais reprendre le vélo demain (mardi) à travers un critérium. Et ensuite, c'est retour en Auvergne pour la fin de semaine afin de reprendre l'entraînement et mes bonnes habitudes de préparation.

Avez-vous regardé le parcours de Rio ? Vous convient-il ?

Oui, on l'a fait l'an dernier à travers le Test Event qui avait lieu au mois d'août. Ça s'était d'ailleurs très bien passé pour la France. Je pense que ça peut être un vrai plus cette année. On avait vraiment organisé notre séjour dans les conditions que nous devrions retrouver. Cela devrait nous permettre d'avoir peut-être un petit avantage sur nos concurrents qui n'étaient pas présents sur cet Event.

Qui sont les favoris des JO 2016 ?

Les Espagnols, clairement. Ils ont l'équipe la plus forte avec des coureurs de classe et d'expérience. La France ne présente pas de favori mais elle a la chance d'avoir une équipe homogène avec quatre jeunes qui ont envie de s'immiscer dans cette bagarre pour le titre.