RMC Sport

Craddock, l'éclopé bon dernier du Tour de France qui a récolté 200.000 dollars pour une fondation

Victime d'une violente chute lors de la première étape, Lawson Craddock a quand même réussi à terminer ce Tour de France. Dernier du classement général, son courage lui a permis de récolter des fonds pour une fondation américaine.

S'il n'était pas encore superstitieux, Lawson Craddock l'est sans doute devenu lors du Tour de France. Dossard n°13 épinglé sur le maillot, l'Américain a été victime d'une lourde chute dès la première étape, entre Noirmoutier et Fontenay-le-Comte.

Après avoir heurté une spectatrice, le coureur de l'équipe EF Education First-Drapac a eu l'arcade sourcilière ouverte et s'est surtout vu diagnostiquer une ligne de fracture à l'omoplate. En souffrance pendant trois semaines, à peine apaisé par les antidouleurs, le natif de Houston a quand même rallié les Champs-Elysées dimanche. Sa 145e et dernière place, à 4h34'19'' de Geraint Thomas, est anecdotique.

"Honnêtement, je ne donnais pas un centime de sa peau, avoue son coéquipier Pierre Rolland. Le premier jour il était amoché, il avait des points de suture à l'œil. Il a beaucoup travaillé pour être là et quand il t'arrive ce genre de mésaventures, c'est beaucoup de travail de gâché. On s'accroche toujours un peu à ce qu'on peut sur le Tour."

"Les encouragements et la générosité du monde entier m'ont motivé"

Lanterne rouge de cette Grande Boucle, Craddock est allé au bout de lui-même pour le sport, mais aussi pour la bonne cause. A chaque étape terminée, il s'est engagé à reverser 100 dollars à une fondation chargée de reconstruire le vélodrome texan dans lequel il a débuté et qui a été ravagé par l'ouragan Harvey en 2017. Il a également fait appel à la générosité de ses suiveurs et a récolté près de 200.000 dollars (171.000 euros).

"Je ne pense pas être une star. C'est un Tour de France très difficile, beaucoup de monde souffre et je fais juste partie de ce groupe-là", confiait-il la semaine dernière. "Je suis allé bien au-delà de mes limites, a-t-il avoué ce dimanche sur les Champs-Elysées. Il y a plusieurs fois pendant la course où je n'étais pas sûr de pouvoir le faire, mais les encouragements et la générosité du monde entier m'ont motivé à chaque étape pour atteindre la ligne d'arrivée. Franchir la ligne à Paris a été incroyable émotionnellement."

A lire aussi >> "C'est encore un rêve", avoue Geraint Thomas après sa victoire sur le Tour de France

AA avec JFP et GQ