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Tour de France: à quoi faut-il s'attendre pour les Français ?

Le Tour de France 2021 s'élancera ce samedi de Brest pour trois semaines de course et plus de 3400 kilomètres au menu pour les 184 coureurs en lice, avec des ambitions variées pour les Français. Difficile d'imaginer l'un d'entre eux batailler pour la victoire finale.

Désolé pour le cœur des Français, mais mieux vaut ne pas trop se faire d’illusions. Sauf grosse surprise, Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France (1978, 1979, 1981, 1982 et 1985), n’aura toujours pas de successeur cette année. Dernier Tricolore à être monté sur le podium de la plus belle course au monde, en 2016 et 2017, Romain Bardet a préféré faire l’impasse cette année pour se concentrer sur la Vuelta. Troisième en 2014, Thibaut Pinot ne prendra pas non plus le départ de la 108e édition, samedi, à Brest, la faute à des douleurs au dos qui ne le quittent plus depuis sa chute survenue l’an dernier sur le Tour. En l’absence de ces deux-là, les chances d’avoir un Français bien placé au général dépendront surtout de la stratégie de Julian Alaphilippe. Et de son envie, ou non, de tenir tête aux favoris. Pas franchement du genre à calculer ou à compter ses efforts, le champion du monde, récemment devenu papa à 29 ans, assure publiquement qu’il ne se voit pas comme un candidat sérieux à une victoire finale face aux Primoz Roglic, Tadej Pogacar et autres Geraint Thomas.

Alaphilippe vise le jaune, pas le général

Du moins, pas cette année. "On a l'ambition de viser des étapes avant de penser au classement général, a-t-il soutenu dans un entretien à l’AFP. Il faut être lucide et conscient que le scénario de 2019, avec quatorze jours en jaune, est difficile à reproduire. Le parcours est assez ouvert, mais taillé pour moi, je ne sais pas. On n'est pas arrivés au Tour avec une équipe articulée autour de moi. Je vais essayer de m'emparer du maillot jaune. Les deux premières étapes me correspondent plutôt bien." Certains comme Laurent Jalabert l’imaginent pourtant se mêler à la lutte pour le général. Pour le directeur du Tour Christian Prudhomme, invité vendredi sur RMC de l’Intégrale Tour, le chef de meute de la Deceuninck-Quick Step est sans aucun doute "le seul Français qui peut gagner le Tour cette année, même s’il n’est pas un des grands favoris". S’il ne s’imagine pas comme un vainqueur potentiel, David Gaudu, propulsé leader de sa formation depuis les pépins physiques de Pinot, devrait lui viser un top 10. Voire mieux.

Martin promet de courir "à l'instinct"

"Il est moins attendu que ne l’était Thibaut ces dernières années. (…) Mais je vais être franc, j'aimerais bien rentrer en Mayenne avec le jaune (soit après la quatrième étape)", a même glissé sur RMC Marc Madiot, le manager de la Groupama-FDJ. Il faudra aussi avoir un œil sur les performances d'Aurélien Paret-Peintre (AG2R Citroën Team), 16e du Giro 2020, et Guillaume Martin (Cofidis), Français le mieux placé sur le dernier Tour (11e). Même s'ils pourraient délaisser le général pour jouer les étapes ou le maillot à pois de meilleur grimpeur. "Le parcours est un peu moins difficile que l'an dernier et correspond moins à mes qualités. J'ai aussi les Jeux olympiques de Tokyo en ligne de mire et viser le général du Tour est énergivore. L'an dernier, sur le Tour d'Espagne, j'avais perdu pas mal de temps d'entrée et ça m'avait permis de faire une course offensive, d'être libéré. Mon état d'esprit, c'est de ne pas avoir peur, de saisir les opportunités. Je vais essayer de courir à l'instinct", a promis Guillaume Martin, invité de RMC vendredi.

Démare peut être confiant

Lever les bras, d’abord, puis batailler pour le maillot vert si les sensations sont bonnes. Voilà le programme que s’est fixé de son côté Arnaud Démare. "Il y a pas mal d’étapes pour les sprinteurs, donc on va donner le maximum pour aller chercher des victoires. Le maillot vert deviendra un objectif si on est dans le match. On verra comment on se situe après la première semaine", a expliqué le Picard, de retour sur le Tour après s’être régalé l’année dernière sur le Giro (quatre victoires d’étapes et le maillot cyclamen). La puissance du train de la Groupama-FDJ et le forfait de l’Irlandais Sam Bennett en font l’un des grands favoris pour les arrivées en sprint massif. Pour le maillot vert, celui qui compte déjà huit succès cette saison peut s’attendre à avoir comme principaux rivaux Peter Sagan, Caleb Ewan, Wout Van Aert, Sonny Colbrelli ou encore Michael Matthews. Christophe Laporte (Cofidis), qui aura quelques arguments à faire valoir, rêve lui de décrocher une première victoire sur le World Tour. Ce sera tout sauf simple au vu de la concurrence. Même constat pour deux autres sprinteurs français, Bryan Coquard (BB Hotels) et Nacer Bouhanni (Arkéa-Samsic).

Objectif victoire d'étape

Sur des tracés plus vallonnés ou taillés pour des baroudeurs, Warren Barguil (Arkéa-Samsic), Benoît Cosnefroy (AG2R Citroën), Quentin Pacher (BB Hotels) et Dorian Godon (AG2R Citroën Team), entre autres, semblent avoir les armes pour claquer une victoire d’étape. Même objectif pour Pierre Latour, meilleur jeune du Tour 2018 et actuel leader chez TotalEnergies. "Ce serait bien de gagner une étape, a-t-il commenté sur RMC. Je me sens à l’aise dans cette équipe, ça se passe bien. Ça m’a fait du bien de gagner sur le Tour des Asturies (en mai), ça m’a rassuré." L'an dernier, la 107e édition de la Grande Boucle n'avait pas été un grand cru pour les Français. Avec quelques places d'honneur, trois jours pour Alaphilippe, mais seulement deux petites victoires d'étapes : Alaphilippe, encore et toujours lui, et Nans Peters.

https://twitter.com/rodolpheryo Rodolphe Ryo Journaliste RMC Sport