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Tour de France: c'est qui le favori après les forfaits de Froome et Dumoulin?

Les forfaits de Christopher Froome et Tom Dumoulin ont redistribué les cartes du 106e Tour de France, qui s’élancera de Bruxelles le 6 juillet. A deux semaines du départ, le nom du successeur de Geraint Thomas, contrarié par un abandon sur le Tour de Suisse, paraît très incertain. Tour d’horizon des prétendants.

Ineos garde (pour l'instant) la main

Deux menaces guettent l’équipe Ineos (anciennement Sky), alors que le forfait de Christopher Froome, sévèrement touché après une chute sur le Critérium, est déjà acté : en premier lieu, l’incertitude autour de Geraint Thomas. Lauréat surprise de la 105e édition, le Gallois s’est difficilement remis de son sacre. Revenu à bon niveau au printemps dernier (3e du Tour de Romandie), l’ancien pistard a compromis sa préparation par une chute, a priori sans conséquence, sur le Tour de Suisse (4e étape). Une épreuve importante où brille, sans forcer, son coéquipier Egan Bernal. Privé de Giro, et alors qu’il est seulement en situation de reprise, le prodige colombien n’est déjà plus qu’un simple équiper. Après l’amicale querelle Froome-Thomas en 2018, le Team Ineos saura-t-il gérer une nouvelle guerre des chefs ?

Cette inconnue pourrait donner des idées au beau plateau de prétendants qu’on annonce pour juillet. Et l’équipe britannique pourrait bien être chahutée par un compatriote. Deuxième du Critérium du Dauphiné, avant d’abandonner pour cause de fièvre, Adam Yates (26 ans) est une menace sûre et aguerrie. Porté par une équipe australienne à son service (Mitchelton-Scott), le quatrième du Tour 2016 a les moyens de jouer sa carte personnelle sur ce parcours d’attaquants.

Fuglsang en chef de meute

A cette heure, le Danois Jakob Fuglsang semble posséder un coup d’avance. Prétendant revendiqué au top 5, le grimpeur d’Astana vient de remporter le Critérium et sort surtout d’une campagne de classiques fabuleuse, couronnée d’un sacre incontestable sur Liège-Bastogne-Liège. Escorté par la meilleure équipe de la saison, il sera très attendu. Une interrogation subsiste : n’est-il pas prêt trop tôt ?

Même affaibli de Froome et Dumoulin, le plateau du Tour reste d’une grande densité. Sans Primoz Roglic, la Jumbo-Visma fera confiance à Steven Kruijswijk, malheureux quatrième du Giro en 2016. Vieillissant et souvent miné par les chutes sur le Tour, Richie Porte (34 ans) sera aussi présent. Sa forme actuelle laisse penser qu’il n’a plus le pedigree d’un vainqueur final. Un constat qui pourrait affecter Vincenzo Nibali, qui double Tour et Giro cette saison. Vainqueur en 2014, le Sicilien prétend plutôt à des victoires d’étapes prestigieuses.

Les Colombiens à l’affût

Derrière Egan Bernal, les menaces colombiennes seront nombreuses. Redevenue nation reine des courses de trois semaines, la Colombie pourra à nouveau s’appuyer sur Rigoberto Uran (Education First, 2e en 2017) et dans une moindre mesure Sergio Henao (UAE). Pour son sixième Tour de France, Nairo Quintana (29 ans) visera lui davantage qu’un podium (2e en 2013 et 2015, 3e 2016). Moins en vue depuis deux saisons (10e du Tour en 2018), celui qui arrive en fin de contrat chez Movistar (et que Ouest-France annonce en partance pour Arkea-Samsic), abat peut-être sa dernière carte. Egan Bernal, qui a commencé le vélo grâce à Quintana, pourrait sevrer l’idole.

Une chance à saisir pour les Français?

Le vide laissé par les vainqueurs annoncés ouvre aussi la porte aux Français. Souvent cités parmi les prétendants, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) et Romain Bardet (AG2R) ont l’étiquette pour faire mentir Bernard Hinault, certain sur RMC que les Tricolores n'ont pas encore les épaules renouer avec le succès sur la Grande Boucle. Pinot est peut-être le mieux placé. Libéré par l’acquisition de son premier Monument en Lombardie, le Franc-Comtois pourrait être aidé par un parcours favorable aux grimpeurs et peu pourvu contre-la-montre (55 kilomètres). En-dedans depuis le début de saison, et "seulement" 6e en 2018, l’Auvergnat part avec une cote moins élevée. Dans une moindre mesure, Warren Barguil (Arkea) et Guillaume Martin (Wanty) ont le bagage pour suivre le peloton des favoris des montagnes. A priori pas davantage.

Mais aussi…

La renaissance de Tejay Van Garderen (Education First), dauphin surprise de Jakob Fuglsang sur le Critérium, n’est pas à nuancer. 11e l’an passé, Bob Jungels (Deceuninck-Quick Step) reste une menace, notamment contre-la-montre. Au même titre que l’Allemand Emanuel Buchmann (Bora) ou l’Irlandais Dan Martin (UAE). Bridé sur le Giro, Mikel Landa (Movistar) devrait à nouveau faire l’équipier pour Nairo Quintana.

PL