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Tour de France : comment le parcours est-il construit ?

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France - AFP

Le parcours du 102e Tour de France sera officiellement dévoilé ce mercredi midi, au Palais des Congrès de Paris. RMC Sport a suivi les organisateurs de la Grande Boucle dans l’élaboration du tracé et la reconnaissance d’une étape, où chaque détail est méthodiquement étudié.

10 octobre. Col du Chaussy. Entre Saint-Jean-de-Maurienne et la route du col de la Madeleine. Au cœur de la Savoie, Christian Prudhomme est dressé à côté de sa voiture. Entouré de ses équipes, le directeur du Tour de France scrute le moindre détail. Revêtement, bas-côtés, environnement : rien n’échappe à son œil d’expert, lui qui a décidé que le peloton de la Grande Boucle gravirait ce col d’une quinzaine de kilomètres pour la première fois. Une reconnaissance du parcours comme il en fait des dizaines par an, afin de définir le meilleur tracé possible pour la plus prestigieuse des courses cyclistes. Un travail colossal effectué bien en amont de l’annonce du parcours.

« Le parcours est fait à 80% plus d’un an avant l’édition du Tour de France en question, explique Christian Prudhomme. Ensuite, à la marge, on peut bouger telle ou telle chose selon le scénario du Tour de France en cours. Ça se règle au mois d’août. Mais pour certaines étapes emblématiques ou formidables, mais compliquées à organiser, parfois ça prend trois, quatre ou cinq ans. » Pour qu’un col ou qu’une portion de route soit retenu, il faut qu’il réponde à plusieurs critères immuables. L’intérêt sportif, d’abord. Puis la sécurité, l’esthétisme du lieu et sa capacité à accueillir l’imposante logistique que nécessite le Tour de France.

Un travail avec les élus, les cartes… et sur les forums

Si le parcours du Tour emprunte régulièrement les mêmes routes, Christian Prudhomme et ses hommes mettent un point d’honneur à dénicher des coins inédits chaque année. Et pour les trouver, toutes les aides sont les bienvenues. « Comment trouve-t-on un endroit inédit ? D’abord en écoutant les gens, leurs propositions, parce qu’il arrive souvent que des élus qui souhaitent accueillir le Tour nous disent : "J’aimerais passer là ou là", explique Prudhomme. Je leur dis d’ailleurs régulièrement : "Faites-moi le parcours de vos rêves. On sera peut-être contraint de faire autrement, mais dans un premier temps il faut rêver". Parfois on se dit : "Waouh, pourquoi ne sommes-nous pas venus plus tôt ?" ».

Thierry Gouvenou, le directeur de course, passe quant à lui beaucoup de temps à scruter les cartes et les forums spécialisés, où les amateurs dévoilent leurs meilleurs « spots ». « On se triture les méninges avant, on regarde sur une carte, on se fait un film de ce qu’on peut trouver sur le terrain, indique-t-il. Et quand on arrive en voiture, on espère que ce sera à la hauteur de nos espérances. Et parfois, ce n’est pas du tout le cas. » La dernière difficulté, et pas la plus mince, est de rester discret. Alors, lorsque des curieux demandent si la Grande Boucle passera devant chez eux, les organisateurs, qui viennent incognito, restent évasifs. Car un parcours réussi, c’est aussi un parcours qui surprend.

AA avec GQ