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Tour de France : Europcar roule pour sa survie

Thomas Voeckler (Europcar)

Thomas Voeckler (Europcar) - AFP

Menacée de disparition à la fin de la saison, l’équipe Europcar cherche un nouveau sponsor. L’exposition du Tour de France sera décisive pour la survie de la formation de Thomas Voeckler, qui n’hésite pas à montrer le maillot depuis le départ d’Utrecht.

On appelle généralement ça une « échappée commerciale ». Un coureur part à l’attaque sans espérer gagner pour montrer le maillot de son équipe. Les coureurs de la formation Europcar maitrisent ce langage. Mais cette année, les protégés de Jean-René Bernaudeau multiplient les « échappées de survie ». Car la formation vendéenne est menacée de disparition. Europcar, c’est l’épopée en jaune de Thomas Voeckler, les exploits de Pierre Rolland en montagne, ou encore le maillot à pois d’Anthony Charteau. Mais à la fin de la saison, la marque de location de voitures cessera son partenariat. Le manager de la structure est donc à la recherche d’un nouveau sponsor susceptible d’amener cinq millions d’euros sur la table avant la mi-septembre.

Voeckler : « La situation est préoccupante »

« La situation est préoccupante, les trois semaines du Tour seront déterminantes », admet Thomas Voeckler. Longtemps, le coureur de 37 ans a symbolisé le cyclisme offensif de la formation. Alors cette année plus que les autres encore, les neuf coureurs retenus pour la Grande Boucle se doivent de montrer le maillot. Pierrig Quemeneur l’a bien compris. Le Breton est le baroudeur de cette première semaine, avec déjà trois échappées vaines au compteur. « L’équation est simple. Si un repreneur vient pendant le Tour de France, ça voudra dire qu’on fait un bon Tour. Il faut séduire une entreprise qui aurait envie de nous parrainer, et pour ce faire, il faut juste qu’on soit nous-mêmes, qu’on soit offensif, et ça suivra », analyse Voeckler. « On fait abstraction de ça, il ne faut pas faire de bêtises et courir juste, nuance Jean-René Bernaudeau. Le sponsoring c’est mon travail, et mes coureurs, j’évacue tout ça de leur tête. Je leur fais confiance pour qu’ils aient un bon rendement et ils me font confiance pour que je trouve un partenaire parce qu’on le mérite bien. »

Groupama a préféré la voile

Il y a cinq ans, la même situation s’était déjà présentée. A l’époque, Europcar avait sauvé la structure en reprenant in-extremis l’ancienne formation Bouygues Telecom. Après une semaine de course, le pessimisme a pris le pas. Aucun repreneur potentiel ne s’est manifesté depuis Groupama. Ces derniers mois, la compagnie d’assurance a discuté avec le manager d’Europcar, avant de privilégier un investissement dans la voile pour la prochaine Coupe de l’America. En cas d’échec de la reprise, ce sont vingt coureurs qui se retrouveront sur le marché. Au total, soixante emplois sont en jeu. Sans compter la structure amateur, Vendée-U, et le sport-études de la-Roche-sur-Yon, eux aussi menacés de disparition à court terme. « On a vraiment des bons talents qui arrivent, on fabrique un label et il faut qu’on trouve un partenaire qui se reconnait dans cette éthique », ne cesse de répéter Bernaudeau. Sans succès pour l’instant. Comme ses coureurs après la première semaine du Tour.

R.F (avec P-Y.L)