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Tour de France: Romain Bardet n'avait pas les moyens de rivaliser

Troisième de la Grande Boucle édition 2017 pour une petite seconde seulement, Romain Bardet a bien failli voir ses rêves de podium s’envoler. La faute à un système immunitaire en délicatesse.

Copieusement sifflé par le Vélodrome, Christopher Froome a été impérial. Ovationné par son public dans l’ascension de Notre-Dame de la Garde, Romain Bardet a craqué. Le Britannique a terminé troisième du chrono, remportant son quatrième Tour de France, le tout avec une marge plus que confortable sur son nouveau dauphin (54" d'avance sur Uran). Le Français, de son côté, a cédé sa place de second et conservé sa troisième position sur le podium pour une malheureuse petite seconde.

Rigoberto Uran, malgré un contact avec une barrière juste avant l’entrée dans le stade, est donc parvenu à asseoir sa domination sur Romain Bardet dans l’exercice. Il faut dire que le leader de la formation AG2R La Mondiale a souffert d’un bout à l’autre de ce contre-la-montre, accusant un retard de 46 secondes dès le premier intermédiaire, soit un rebours de 19 secondes sur son rival colombien.

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Bardet était mal en point depuis l'Izoard

"J’ai tout donné, aujourd’hui ça n’allait vraiment pas, glissait le Français à notre micro à l'issue du chrono. Je ne me sentais pas bien depuis quelques jours et j’ai payé la note cash. Je me suis battu jusqu’au bout. J’ai rapidement vu que je n’étais pas dans le match. Je ne pensais pas au podium, je voulais juste arriver le plus vite possible sur la ligne. J’avançais plus avec la tête qu’avec les jambes."

Mal en point, Romain Bardet a vu Christopher Froome revenir comme une flèche dans sa roue. Mais c'est un autre Sky qui aurait pu lui gâcher la journée pour de bon. Mikel Landa, arrivé avec 1'13 de retard sur le vainqueur du jour, Maciej Bodnar (Bora-Hansgrohe) a menacé les intérêts du Français jusqu'au bout. En vain, finalement, puisque Bardet a puisé dans ses ressources physiques, et surtout morales, pour trouver la force de conserver une petite seconde d'avance.

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Lavenu savait, il a préféré bluffer

"J’ai eu un peu de réussite mais je suis content du podium. C’était vraiment délicat. Je n’ai pas vraiment les idées claires. Je veux juste penser à mon équipe, à mes coéquipiers qui me soutiennent. Je ne pouvais pas baisser les bras." Même son de cloche du côté du manager, Vincent Lavenu, lequel avait pourtant assuré vouloir jouer la gagne. 

"On aurait pu rêver au Graal avec un grand Romain et un Froome pas terrible. On se devait d’y croire. Et on croit en Romain à l’avenir. Tous les ans il franchit des paliers." Cette année pourtant, Romain Bardet montera sur la troisième marche du podium. Un résultat qu'il doit autant à la forme exceptionnel de Rigoberto Uran, qu'à ses propres limites du jour.

QM