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A la Clairefontaine: que sont devenus les joueurs, 20 ans après?

Réalisé en 2002 et à nouveau diffusé cette semaine sur L'Equipe, le documentaire "A la Clairefontaine" avait suivi le quotidien d'une promotion de l'INF Clairefontaine. Vingt ans après leur entrée au centre technique national, certains de ces jeunes joueurs ont percé au plus haut niveau, et d'autres ont disparu des radars.

La rediffusion d'"A la Clairefontaine" sur L'Equipe a ravivé les souvenirs de toute une génération. Le documentaire de Bruno Sevaistre, diffusé initialement en 2002 sur Canal+, suit le parcours d'une promotion de l'Institut national de football (INF) de Clairefontaine sur trois ans, entre 1999 et 2002. Les jeunes joueurs, tous issus de la génération 1986-87, ont connu des destins divers depuis. 

Ben Arfa-Diaby en têtes d'affiche 

Déjà à l'époque, la personnalité de Hatem Ben Arfa détonnait à l'écran. Son altercation avec Abou Diaby reste une séquence marquante du documentaire. Ironie de l'histoire, les deux joueurs sont les seuls à avoir pu atteindre l'équipe de France. Ben Arfa a découvert la Ligue 1 avec l'Olympique Lyonnais, qu'il avait rejoint à la fin de sa formation. Mais son caractère et son irrégularité lui ont souvent joué des tours. Entre l'OM, Newcastle, Nice, le PSG ou dernièrement le Stade Rennais, il n'a jamais pu pleinement réaliser son potentiel. Son contrat terminé à Rennes, son prochain club reste indéterminé

Abou Diaby avait lui rejoint Auxerre, avant de rapidement filer à Arsenal. Cadre d'Arsène Wenger à la fin des années 2000, le milieu de terrain a vu la suite de sa carrière brisée par les blessures. Cheville, mollet, ischio-jambiers, genou, rien ne lui a été épargné. Sa tentative de relance à Marseille en 2015 n'a pas marché (six matches) et il a pris sa retraite en février dernier

Jourdren et Bassong ont connu la Ligue des champions

S'ils n'ont pas tous atteint les Bleus, plusieurs pensionnaires de l'INF ont réussi à percer à haut niveau. Geoffrey Jourdren a lui marqué les esprits avec sa tirade dite "de la nullité". Mais le portier a fait son trou à Montpellier. En Ligue 2 d'abord, avant de monter en Ligue 1 et d'être sacré champion de France en 2012 et de découvrir la Ligue des champions. Après deux saisons à Nancy, Jourdren est aujourd'hui sans club. Autre portier de la promotion, Quentin Westberg n'a fait que flirter avec la Ligue 1. Deux matches avec Troyes, deux avec Evian-Thonon-Gaillard, puis une carrière partagée en Ligue 2 et National. Westberg a vécu la désillusion Luzenac, dissout après s'être vu refuser la montée en Ligue 2 en 2014. Il occupe aujourd'hui les cages de Toronto, en Major League Soccer. 

Sébastien Bassong, passé par Metz puis Newcastle, a connu la Ligue des champions avec Tottenham, en 2010, avant de rejoindre Norwich. Le défenseur a évolué la saison dernière à Peterborough, en D3 anglaise. Alexandre Reineau a lui fait l'ascenseur L1-L2 avec Caen, qu'il a rejoint en 2006. Il est aujourd'hui à Châteauroux (L2), où son temps de jeu est limité (six matches cette saison). Ricardo Faty a lui joué les baroudeurs depuis sa signature à Strasbourg, en 2002. La Roma, Nantes, l'Aris Salonique puis un retour en France à l'AC Ajaccio en 2012. Après un détour par le Standard de Liège, il a rejoint la Turquie. Trois ans à Bursaspor puis une saison avortée à Ankaragucu, où il a résilié son contrat après des salaires non versés.

Garra Dembélé, le plus gros gâchis

Certains parcours sont particulièrement mouvementés. Considéré comme l'un des plus talentueux, Garra Dembélé n'est parvenu à s'exprimer qu'au Levski Sofia, en Bulgarie (36 buts en 39 matches en 2011). Sa carrière avait pris du plomb dans l'aile dès 2006, avec des accusations de viol lors d'essais en Italie. L'attaquant est innocenté, mais son parcours devient sinueux. Istres, puis le Danemark, la Grèce et enfin la Bulgarie. Sa résurrection n'a pas duré avec une nouvelle déconvenue à Fribourg en Bundesliga. Sa dernière trace date de 2017 à Solothurn, en 4e division suisse. 

D'autres ont disparu, comme Olivier N'Siabamfumu. Prometteur lui aussi, et malgré sa signature à Rennes en 2002, il a vécu sa carrière entre des bouts de matches en Italie, un passage chez les amateurs de Colmar et une fin de parcours en Norvège. Passé par la réserve du PSG, le défenseur Jonathan Tokplé n'a jamais dépassé la quatrième division. Il a retenté sa chance avec la réserve du Mans avant de faire carrière au niveau amateur, du côté de Balma et Villemomble. Bastien Benoît, écarté à la fin de la deuxième année, a lui aussi dû se contenter de clubs amateurs.

HM