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Affaire de la sextape: la Cour de cassation valide l'enquête sur Benzema, qui devrait aller en correctionnel

La Cour de cassation a rejeté les pourvois du clan Benzema dans l’affaire du chantage à la sextape de Mathieu Valbuena. Mis en examen, l’attaquant français du Real Madrid réclamait l’annulation des écoutes policières.

La Cour de cassation a rendu sa décision. Elle a tranché sur la loyauté des méthodes d'enquête dans l'affaire du chantage à la sextape de Mathieu Valbuena, et rejeté les pourvois du clan Benzema en validant cette enquête. "Aucune atteinte au principe de loyauté de la preuve" n'a été commise par les enquêteurs. "La Cour de cassation rejette le pourvoi formé contre la décision prise par une chambre de l’instruction de rejeter les demandes d’annulation des actes de la procédure fondées sur la déloyauté du procédé employé par la police pour apporter la preuve de la tentative de chantage dont aurait fait l’objet une personne", a indiqué l'instance dans sa décision.

La réponse de la Cour de cassation:

"Toute méthode d’investigation qui contribuerait à provoquer la commission de l’infraction est proscrite, le stratagème ainsi employé étant alors de nature à entraîner la nullité des actes de procédure. En dehors de cette hypothèse, le recours, par les autorités publiques, à un stratagème tendant à la constatation d’une infraction ou l’identification de ses auteurs ne constitue pas, en soi, une atteinte au principe de loyauté de la preuve. Pour qu’une telle atteinte soit constituée, il est nécessaire que le procédé employé, par un contournement ou un détournement d’une règle de procédure, ait pour objet ou pour effet de vicier la recherche de la preuve en portant atteinte à l’un des droits essentiels ou à l’une des garanties fondamentales de la personne suspectée ou poursuivie. En l’espèce aucune atteinte de cette nature n’était alléguée ni démontrée.

Le pourvoi est rejeté."

Plus de recours pour Benzema

Il n’y a désormais plus de recours possible, ils ont tous été épuisés. Le dossier va donc revenir sur le bureau du juge d’instruction à Versailles, ouvrant la voie à un procès en correctionnel, avec une probable confrontation avec Mathieu Valbuena. C’était l’ultime tentative pour l’attaquant français du Real Madrid d’annuler la procédure. Karim Benzema été mis en examen pour "complicité de tentative de chantage" sur son ancien coéquipier en Bleu en 2015, ainsi que pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit".

Cinq autres personnes, dont l'ami d'enfance de Benzema, Karim Zenati, et l'ancien footballeur Djibril Cissé, sont mises en examen dans ce dossier qui trouve ses origines en juin 2015. A l'époque, Mathieu Valbuena sollicite les forces de l'ordre après avoir reçu un appel l'informant de l'existence d'une vidéo à caractère sexuel sur laquelle il est clairement identifiable.

Son interlocuteur le menace de rendre le document public. Une enquête est ouverte et un agent de police va alors se faire passer pour un négociateur missionné par le joueur. Ce policier n'aura de contacts qu'avec un intermédiaire, Younes Houass, qui gravitait alors dans le milieu du football. Karim Benzema entrera dans le dossier quelques mois plus tard, en octobre, quand il évoquera l'existence de la vidéo avec Valbuena lors d'un rassemblement de l'équipe de France à Clairefontaine: une simple conversation amicale pour le prévenir selon l'attaquant du Real, une injonction à payer d'après les enquêteurs.

QM et MI avec AFP