RMC Sport

Anelka: les anecdotes sulfureuses d'un enfant terrible qui s'est depuis assagi

Plutôt discret ces dernières années, Nicolas Anelka, nommé dans l’encadrement du LOSC, s’apprête à replonger dans le monde du football. Un football qu’il a parfois illuminé, mais un football qu’il a aussi nourri de quelques polémiques.

Le voilà dans le rôle du sage, du conseiller. Vingt-deux ans après un début de carrière en fanfare au PSG, trois ans après avoir raccroché les crampons, Nicolas Anelka va découvrir une nouvelle facette du football, en intervenant auprès des jeunes du centre de formation du LOSC. L’occasion de transmettre un peu de son expérience, et peut-être de glisser quelques conseils, aussi, pour ne pas se faire trop remarquer. Car si l’ancien international semble s’être assagi, il a longtemps traîné la réputation d’enfant terrible du football français. Parfois à tort, parfois non… Petite sélection.

Le scandale africain

Difficile d'évoquer les écarts d’Anelka sans revenir sur cet épisode. Knysna, la plus sombre histoire du football français au XXIe siècle. Une histoire dont l’attaquant est l’un des principaux protagonistes. 17 juin 2010, Coupe du monde en Afrique du sud: à la mi-temps du match France-Mexique (que les Bleus perdront 2-0), une embrouille éclate entre le sélectionneur Raymond Domenech et Nicolas Anelka, aussitôt remplacé. Deux jours plus tard, l’Equipe publie sa célèbre "Une", sur laquelle les soi-disant propos du joueur sont placardés: "Va te faire enculer, sale fils de pute!". La suite est connue: exclusion d’Anelka du groupe bleu, grève des joueurs, et fiasco total. Des années plus tard, Domenech reconnaîtra que les mots d’Anelka n’étaient pas aussi injurieux. "S'il avait dit ça le jour de cette Une, pas de grève des joueurs. Pas de grève, pas de bus. Donc pas de scandale mondial, notait Anelka dans une interview au JDD en juin dernier. Mais ça n'arrangeait ni la Fédération ni l'Equipe de révéler la vérité."

Un refus de sélection…

Malgré 69 sélections au compteur, l’histoire entre Anelka et l’équipe de France est donc assez tourmentée. Et les problèmes avaient commencé bien avant 2010. En août 2003, alors qu’il est appelé chez les Bleus suite au forfait de Sidney Govou, Anelka refuse la convocation de Jacques Santini, ne voulant pas jouer "les bouche-trous". Avant de lancer à son sélectionneur dans les colonnes de Paris-Match: "Qu'il s'agenouille devant moi, s'excuse d'abord, et après je réfléchirai". Santini ne s’excusera pas, et Anelka ne reportera plus le maillot frappé du coq avant 2005. Appelé par un certain Raymond Domenech.

… et un refus de s’entraîner

En 1999, à seulement 20 ans, Anelka rejoint le grand Real Madrid contre 220 millions de francs. Un club mythique, une institution censée être inébranlable… mais qu’il a pourtant secouée. L’année suivante, alors que ses relations avec ses coéquipiers et le coach Vicente Del Bosque se dégradent, le Français sèche l’entrainement pendant trois jours. Une petite bouderie qui lui vaudra une énorme amende - on parle alors de plus de deux millions de francs - et 45 jours de suspension par le Real. Mais cela ne l’empêchera pas de remporter la Ligue des champions en fin de saison.

La quenelle indigeste

Décembre 2013. Alors joueur de West Brom, en Angleterre, après quelques aventures chinoises, Anelka célèbre un but en faisant une "quenelle", "spéciale dédicace à [son] ami Dieudonné", explique-t-il. Sauf que le geste, à connotation antisémite, lui vaut une pluie de critiques. Les médias anglais parlent de salut nazi, la ministre des sports Valérie Fourneyron dénonce une "provocation écœurante", et le principal sponsor de West Brom lâche le club. Anelka, lui, "assume", et rompt son contrat avec la formation anglaise. La fin de sa carrière de joueur en Europe.

Le trophée du pire journaliste

Pas vraiment une polémique, mais une petite anecdote qui illustre bien le franc-parler du personnage. En 2012, dans une interview au Parisien Magazine, Anelka se confie sur ses relations avec les médias. "Un homme sans ennemi est un homme sans valeur, lâche-t-il. Comme l’époque adore les hypocrites, je ne m’attends pas à n’avoir que des amis. Pendant toute ma carrière, ce fut un combat constant contre la presse." Et dans sa lancée, l’attaquant propose une idée originale. "Dans un futur proche, j’envisage de décerner et d’organiser la cérémonie du journaliste de plomb, qui récompensera le plus bidon d’entre eux. Il sera élu par les joueurs, précise-t-il. Mais le choix s’annonce délicat tant les candidats sont nombreux…"

CC