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Après Pascal Dupraz, les cinq meilleures causeries de coaches

Aimé Jacquet

Aimé Jacquet - AFP

Celle de Pascal Dupraz a été belle. Emouvante. Poignante. Exceptionnelle. Mais avant le speech incroyable de l’entraîneur toulousain, déterminant dans la victoire synonyme de maintien du TFC samedi dernier à Angers, d’autres causeries ont marqué l’histoire du sport. RMC Sport vous a compilé les cinq meilleures.

Aimé Jacquet, à la mi-temps du match contre la Croatie (demi-finale de la Coupe du monde 1998)

Nous sommes à la pause du choc face à la Croatie. Aimé Jacquet tance ses joueurs, beaucoup trop amorphes selon lui et qui sortent d’une première période dominée par les partenaires de Davor Suker. « Ou on réagit et on y va, parce qu’il y a une finale au bout ou vous laissez tomber. Et vous attendez. Vous attendez qu’on jette la pièce en l’heure. Personne ne réagit (…) vous avez peur de quoi ? Vous avez peur de qui ? De perdre ? Eh bien vous allez perdre les gars, je vous le dis. Vous allez perdre. Vous n’avez pas de soucis à vous faire. » Des propos qui ont piqué les cadres de l’effectif et poussé Didier Deschamps à prendre la parole. Pour le résultat que l’on sait.

Tony Parker, à la mi-temps du match France-Espagne (demi-finale de l’Euro 2013)

Largement dominés par l’Espagne à la fin du deuxième quart-temps, c’est tête basse que les Bleus de Vincent Collet regagnent les vestiaires. Sauf un : Tony Parker. Le capitaine de l’équipe de France n’est pas abattu mais en colère. Il va le faire savoir à ses coéquipiers à qui il reproche d’avoir trop vite baissé les bras. « On (ne) sort pas sur les pick-and-roll, on les laisse shooter à trois points, on ne va pas au rebond, énumère le meneur de jeu des San Antonio Spurs. Ils nous agressent, on ne peut même pas mettre la balle en jeu. Il faut qu’on joue plus physique que ça (…) Ils nous dominent parce qu’ils pensent qu’on est de la merde. Et ça se voit dans leur visage, ils nous prennent pour de la merde. Je m’en fous de ce qu’il se passe en deuxième mi-temps. Au moins, on joue avec notre fierté, on joue dur. Après, si on perd, c’est la vie. Je veux bien perdre, mais en se battant. Mais pas comme ça, là. Là, on se fait défoncer !» Derrière, ce sont des Bleus transfigurés qui arrachent leur place en finale (75-72).

Bernard Laporte, à la mi-temps du match France-Italie (Tournoi des VI Nations 2002)

A la pause de son premier match du Tournoi 2002, la France mène péniblement 19-12 face à l’Italie. La première période n’est pas mais alors pas du tout du goût de Bernard Laporte, qui entre dans une colère froide. « Maintenant, c’est fini un peu. Maintenant, on va mettre un peu de rythme (…) et ça va redémarrer. Et ça va redémarrer, vocifère l’entraîneur, aujourd’hui, du RC Toulon. Et on va les respecter, sans faire de fautes. C’est clair ça ? Je ne sais même pas de quoi on peut parler (…) Vous voulez qu’on parle de quoi ? Dites-moi ! Des touches, des mêlées je ne sais pas moi. On n’a rien fait (…) Merde, on se prend pour qui ? » Des mots durs qui ont réveillé les siens, finalement vainqueurs 33-12.

Pep Guardiola, avant le choc Barça-Manchester United (finale de la Ligue des champions 2009)

Pep Guardiola n’a pas toujours gesticulé pour convaincre ses joueurs d’adhérer à sa méthode. Avant d’offrir au Barça sa 3e Ligue des champions, le coach catalan trouve une idée originale pour galvaniser ses joueurs, opposés en finale à Manchester United : associer certaines actions de son groupe avec des séquences du film Gladiator ! Un montage, ponctuée d’un message final fédérateur – « nous sommes un » - qui, selon les témoins de l’époque, ont touché certains joueurs, en larmes. Et fait son effet puisque le Barça l’emportera 2-0.

Ghislain Printant, avant Monaco-Bastia (demi-finale de la Coupe de la Ligue 2015)

Il y a le discours du coach. Et les attentes des supporters. Pour transcender ses joueurs, qui s’en vont défier Monaco en demi-finales de la Coupe de la Ligue, Ghislain Printant décide de laisser la parole au peuple corse. C’est debout, bras dessus, bras dessous que l’entraîneur et son groupe va regarder un film compilant à la fois des images de supporters et des chants locaux. Un montage, réalisé par le staff du Sporting Club de Bastia à la demande de Printant, censé remonter à bloc les joueurs bastiais. Effet réussi, puisque le SCB l’emportera au bout du suspense (0-0, 7 tab à 6).

Bonus track : Coach des Flowers

En petit cadeau bonus, ce speech. Ce dernier ne concerne pas des joueurs de Ligue 1, de Liga ou du haut niveau du rugby international. Juste le coach des Leland Chargers, une jeune équipe d’un lycée de San José, en Californie. Une causerie rythmée au son de la bande originale du film « Le Dernier des Mohicans » et durant laquelle, comme un poème, l’entraîneur ponctue chacun de ses arguments par un « Qui je suis ? Je suis un champion ! » repris en chœur par ses joueurs.