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Ballon d’Or : Comment Ronaldo a doublé Ribéry

Cristiano Ronaldo et Franck Ribéry

Cristiano Ronaldo et Franck Ribéry - -

Comme on pouvait s’y attendre, c’est donc Ronaldo qui a été sacré Ballon d’Or 2013. Un succès prévisible depuis que la FIFA a modifié les règles de scrutin, alors que le trophée semblait tendre les bras à Franck Ribéry.

De suspense, il n’y en eut (presque) point. Si ce 58e Ballon d’Or fera date, ce n’est pas en raison de l’identité à proprement parler du lauréat, Cristiano Ronaldo, récompensé pour la seconde fois après 2008. Ni celle de ses dauphins, Leo Messi (2e) et Franck Ribéry (3e). Non, ce qui restera dans les annales, c’est davantage la manière dont le résultat a été orienté par la FIFA et comment il s’est inversé au fil des semaines. Au point que cette élection restera comme la plus controversée car elle n’a jamais autant été médiatisée et commentée.

Tout commence en novembre dernier lors d’une conférence, a priori anodine, de Sepp Blatter à l’université d’Orford. Devant des étudiants, le président de la FIFA compare Ronaldo et Messi et affiche clairement sa préférence : « Messi est un bon garçon. C’est un homme bien. C'est pourquoi il est très populaire et a toujours beaucoup de votes. L’autre (Ronaldo, ndlr) est comme un commandant sur le terrain ». Blatter imite alors le salut miliaire avant de lancer un cinglant : « L’un dépense plus que l’autre chez le coiffeur mais je ne peux pas dire qui est le meilleur ». Pour Cristiano Ronaldo pourtant, les doutes sont levés. Appuyé par le Real Madrid qui fustige la sortie de Blatter, Cristiano Ronaldo répond sur twitter qu’il boycottera la cérémonie du 13 janvier 2014. Et ajoute déclarer comprendre pourquoi il n’a plus reçu la distinction individuelle suprême depuis 2008.

Le lobbying du clan Ronaldo

Elu joueur de l’année par l’UEFA le 29 août, Franck Ribéry fait figure de favori avant la date de clôture des votes fixée dans l’après-midi du 15 novembre. Le soir même, pourtant, se jouent les matchs allers des barrages de la Coupe du monde et Ronaldo frappe une première fois. Ribéry, lui, se montre muet avec l’équipe de France. Idem lors du match retour pour le Français alors que CR7 qualifie à lui tout seul le Portugal en signant un triplé. Le lendemain, 20 novembre, la FIFA fait comme par hasard machine arrière et décide de repousser la date limite du scrutin au 29 novembre sous prétexte d’un nombre de votes insuffisant. Avec seulement 20% d’électeurs, l’excuse semble tenir. Mais ce pourcentage était-il si différent de celui des années précédentes au point de changer les règles du jeu en cours de route ?

De son côté, le « clan Ronaldo » tente d’inverser la tendance en orchestrant un véritable lobbying. Héros du pays après ses performances en barrages, l’enfant de Madère jouit d’une cote d’amour sans faille de la part de ses compatriotes portugais. Les Français, eux, ont toujours autant de mal à s’enthousiasmer pour Ribéry. Seulement 26% d’entre eux estiment qu’il mérite le Ballon d’Or. Alors qu’au Bayern, le Français bénéficie du simple soutien de ses dirigeants, le Real Madrid en appelle à ses socios. 45 000 masques à l’effigie de CR7 sont distribués lors du match de Ligue des champions face à Copenhague, le 27 novembre, à Santiago-Bernabeu.

Ribéry lauréat en novembre

Dans l’intervalle du 15 au 29 novembre, la « magouille » a donc bel et bien fonctionné. Cristiano Ronaldo a coiffé sur le poteau Franck Ribéry. Pourtant, selon nos informations, lors du premier scrutin, le collège des journalistes s’était majoritairement prononcé en faveur du Français tandis que capitaines et entraîneurs avaient désigné… Messi !

Invalidés, ces suffrages jamais pris en compte feront donc partie de la (petite) histoire du Ballon d’Or. Pour se consoler, Franck Ribéry pourra toujours contempler sa vitrine dédiée aux trophées 2013, gavée d’une Ligue des champions, d’une Bundesliga, d’une Coupe d’Allemagne, d’une Supercoupe d’Europe, d’une Coupe du monde des clubs et d’un titre meilleur joueur UEFA de l’année. Mais pas de Ballon d’Or. Cherchez l’erreur…

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Chronique d’un sacré annoncé

Ces derniers jours jusqu’aux dernières heures avant le verdict, plusieurs signes ont laissé présager la victoire de Cristiano Ronaldo. C’est d’abord la présence annoncée de ce dernier à Zurich, alors qu’il avait initialement décidé de boycotter la cérémonie suite aux moqueries de Sepp Blatter à son égard. Ensuite, la famille du Portugais est arrivée en nombre dès dimanche en Suisse où Ronaldo leur avait réservé 7 places. Lors des années précédentes, bien que finaliste, jamais CR7 n’avait convié ses proches. Autre indice : Florentino Pérez, président du Real Madrid, et deux membres du staff merengue, ont fait le déplacement. Enfin, la chaîne officielle du club, Real Madrid TV, a bouleversé ses programmes pour retransmettre la cérémonie en direct. Chose qu’elle n’avait pas faite les années précédentes.

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La rédaction