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Coupe des Confédérations: l’arbitrage vidéo, top ou flop ?

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Utilisée pour la première fois en compétition officielle à l’occasion de la Coupe des Confédérations, l’assistance vidéo a suscité de nombreuses polémiques et interrogations au sujet de son utilisation. Logique tant le système est encore imparfait.

Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps, 20 minutes de jeu à peine lors du deuxième match de la compétition, pour voir l’assistance vidéo en action. Il n’en fallait pas davantage pour que le dispositif, utilisé pour la première fois dans une compétition FIFA, ne crée la polémique lors de Cameroun-Chili (0-2). Ainsi, Vargas, servi par Vidal, voyait son but annulé pour un position de hors-jeu assez peu évidente sur le coup, et encore moins après visionnage du ralenti. "Dans le doute, j’aurais laissé l’avantage à l’attaque", expliquait à cette occasion notre consultant Emmanuel Petit. Une réflexion qui en dit long sur les réserves qui entourent l’usage de la vidéo dans le football. “Le jeu perd en attractivité [...] il faut laisser les arbitres faire des erreurs, ce que fait la FIFA est délicat et dangereux“, a déclaré Sepp Blatter, l’ancien président de la Fifa, interrogé par SonntagsBlick.

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Batter critique, Infantino s'en félicite

Sans surprise, Gianni Infantino, qui préside aux destinées de la Fédération internationale de football n’est pas du même avis. “L’assistance vidéo a été un grand succès car de grandes erreurs ont été évitées. Il y a eu six changements de décisions, quand la VAR a corrigé des décisions ou erreurs de l’arbitre, et sans la VAR, on aurait eu un tournoi différent, qui aurait été un peu moins juste sur le terrain. De grandes erreurs ont été évitées.” La vidéo est une chance, à condition de définir une bonne fois pour toutes ce qui est de la responsabilité pleine et entière de l’arbitre, et ce qui doit nécessiter une intervention de la vidéo.

Définir ce qui est du ressort de l'arbitre

“Nous allons aussi donner à la vidéo, la possibilité ou l’obligation, de décider si la main est volontaire ou pas. On lui en demande un petit peu trop à la vidéo, tranche Rolland Courbis, consultant pour BFM Sport. Servons nous de la vidéo pour savoir si tel ou tel but est valable, mais ne nous servons pas de la vidéo pour savoir s’il y a douze ou treize centimètres de hors-jeu par rapport à un révélateur, dont on ne sait toujours pas s’il démarre quand le ballon a touché le pied ou lorsqu’il a quitté le pied. C’est tout simplement ridicule. “ Le mot est fort, mais la critique existe. Elle est parfois justifiée. Le match entre l’Allemagne et le Cameroun, qui a donné lieu à des situations rocambolesques sur l’attribution ou non d’un carton rouge, aura eu le mérite de rappeler que ce sont avant tout des hommes qui prennent la décision.

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Un système qui ne fait pas l'unanimité chez les arbitres

“Quand il s’agit d’une décision qui laisse place à l’interprétation, c’est toujours l’arbitre qui décide, et il y aura toujours des discussions et des polémiques, soutient Infantino. Quand il y a contact, est-ce qu’il y a penalty ou pas ? C’est l’arbitre qui décide, qui voit l’impact réel. Les discussions vont rester, et les grandes erreurs sont corrigées. “ Ce dimanche la VAR en a d’ailleurs corrigé une qui aurait pu créer la polémique, en accordant finalement un penalty au Portugal (raté par André Silva). “Un arbitre m’a envoyé un message après un match qui disait ‘désormais je savoure vraiment les matches parce que je ressens moins de pression’”, a raconté Pierluigi Collina à l’AFP. Sans doute. Rappelons toutefois que le point de vue du responsable de la commission des arbitres la FIFA est nullement partagé par l’ensemble de la profession. L’arbitrage vidéo est accepté, mais pas encore tout à fait adopté.

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QM