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Brésil-Belgique: Chadli, le sauveur revenu de nulle part

La Belgique défie le Brésil vendredi (20h) en quart de finale du Mondial. Roberto Martinez aurait prévu d’aligner Nacer Chadli (28 ans), sauveur des Diables Rouges face au Japon en huitièmes après une saison très compliquée avec West Bromwich Albion, relégué en Championship.

Chez les Diables Rouges, Kevin De Bruyne, Eden Hazard et Thibaut Courtois sont les têtes d’affiche d’une sélection en quête de son premier titre en Coupe du monde. Mais c’est un homme de l’ombre qui leur a volé la vedette en huitièmes de finale : Nacer Chadli (28 ans). Le milieu de 28 ans a inscrit le but de la qualification face au Japon (3-2) après son entrée en jeu alors que son équipe était menée 2-0. Selon les indiscrétions, le joueur aurait même gagné sa place de titulaire sur le côté gauche du milieu, pour affronter le Brésil (20h), ce vendredi. Un retour au premier plan inattendu après une saison très compliquée du côté de West Bromwich Albion. 

L’invité surprise de la liste de Martinez

Ce rôle de remplaçant malgré-lui, il l’a embrassé. La faute à deux blessures successives (fibre musculaire puis claquage tendineux) et à sa méforme qui lui ont fait manquer 33 matches en Premier League. Les multiples changements de managers (Pulis, Megson, Pardew et Moore se sont succédé sur le banc) ne l’ont pas aidé, pas plus que les résultats désastreux de l’équipe, rapidement larguée en queue de Premier League. Dans ce marasme, le Belge s’est contenté de miettes (six matches toutes compétitions confondues) et n’avait plus disputé l’intégralité d’une rencontre depuis août 2017 en League Cup contre Accrington Stanley (League One, D3 anglaise). Il a mis fin à cette disette lors du match des "coiffeurs" entre la Belgique et l’Angleterre en poules (1-0). 

Le Steven Nzonzi de la sélection belge

Sa sélection parmi les 23 Diables Rouges qui se sont envolés pour la Russie a surpris beaucoup de monde, autant que l’absence de Radja Nainggolan, qui restait lui sur une saison de feu avec l’AS Rome. Roberto Martinez a est rapidement monté au feu pour défendre ce choix très discuté mais justifié par l’affect et cette notion de groupe que Didier Deschamps chérie par-dessus tout. Pour l’Espagnol, Chadli faisait partie des "agréables surprises" avec un comportement exemplaire. A la manière d’un Steven Nzonzi (quand même moins expérimenté que Chadli en sélection) préféré à Adrien Rabiot chez les Bleus.

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Martinez n’est pas le seul à avoir cru en Chadli (48 sélections, 6 buts). A Tottenham (2013-16), Chadli avait mal vécu son statut de supersub attribué par Mauricio Pochettino. Malgré ses 29 matches disputés en Premier League en 2015-16, le Belge en voulait plus. Le manager argentin lui vouait pourtant une grosse confiance et avait poussé, en décembre 2015, pour qu’il prolonge. Sans succès. 

Il a claqué la porte de Tottenham malgré Pochettino

"Il m’a demandé à partir à la fin de la saison si une autre équipe prévoyait de le faire jouer plus régulièrement, avait confié raconte l’Argentin en 2016, en conférence de presse. Je lui ai répondu: "Tu fais partie de mes plans, mais si tu veux partir et que c’est le bon club et la bonne place pour toi, alors d’accord, ce n’est pas un problème". Au final, il a choisi West Bromwich et les deux parties sont tombées d’accord peu de temps après."

Les fans des Spurs regrettent son départ et l’arrivée de Sissoko

Et ce n’est pas l’envie de s’imposer à White Hart Lane qui manquait pour le jeune homme de 28 ans. "En 2013-14, j’ai lutté à cause d’une blessure et quand je suis revenu je n’étais pas bien, confiait-il au Guardian en 2014. C’est devenu une saison très dure et j’étais déçu. Mais je ne voulais pas quitter le club là-dessus. Avec le nouveau manager (Pochettino, ndlr), j’ai une nouvelle opportunité de me montrer. Je préférais prendre mon mal en patience et montrer aux gens ce dont j’étais capable."

Ce départ précipité autant que son but face au Japon ont plongé les fans des Spurs dans une certaine nostalgie, certains se demandant même pourquoi le club l’avait laissé filer et avait recruté des joueurs comme Moussa Sissoko, par exemple, pour le remplacer. D’autant que le choix de rejoindre les Baggies ressemblait un peu à une régression malgré quatre buts lors de ces cinq premières apparitions en 2016-17 (5 en 31 matches au final).

Pulis: "Un joueur qui se crée toujours des occasions"

"C’est l’un de ces joueurs qui, même quand il n’est pas au meilleur de sa forme, se crée toujours des occasions, lançait Tony Pulis, son ancien boss à West Brom, l’an dernier. C’est un joueur de classe mondiale." Cette fois, c’est sa sélection qu’il met sur les bons rails pour le plus grand plaisir d’un Martinez sûr de ses choix. Il retrouvera d’autres éléments de classe mondiale, justement, comme Neymar ou Philippe Coutinho vendredi, pour confirmer. La Seleçao est prévenue, le phénomène Chadli ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

LF