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Comment Chelsea a raté l'explosion du trio De Bruyne-Lukaku-Hazard, qui cartonne avec la Belgique

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Etincelants avec la Belgique, Kevin De Bruyne, Eden Hazard et Romelu Lukaku auraient aussi pu briller avec Chelsea où ils ont eu un court vécu en commun. Si Hazard y est resté, De Bruyne et Lukaku n’ont, eux, pas percé. José Mourinho y est pour beaucoup. Explications.

Le cliché est rare mais il nourrit, aujourd’hui, les regrets des fans de Chelsea. Avant de marcher sur le Brésil en livrant un récital somptueux en quarts de finale de la Coupe du monde, le trio Kevin De Bruyne, Romelu Lukaku et Eden Hazard a un jour porté le même maillot en club. C’était furtif et c’était à Chelsea à l’été 2012. Recruté six mois plus tôt à Genk, Kevin De Bruyne revenait de son prêt de six mois en Belgique, alors que Romelu Lukaku venait de boucler sa première saison à Londres avec huit petites apparitions avec les Blues en Premier League. Eden Hazard, lui, venait d’être recruté contre 35 millions d’euros en provenance de Lille. Des trois, c’est le seul qui a percé à Chelsea, où il joue encore six ans plus tard.

De Bruyne et Lukaku n’ont pas connu le même destin. Le premier a enchainé les prêts en Allemagne (Werder Brême, Wolfsburg) avant d’être transféré définitivement à Wolfsburg en janvier 2014, puis de faire le bonheur de Manchester City depuis 2015. Le second s’est lui aussi aguerri ailleurs (prêts à West Bromwich Albion, Everton) avant que Chelsea ne le cède définitivement aux Toffees en 2014 et qu’il ne rejoigne Manchester United l’été dernier.

Lors de cet été 2012, les trois joueurs n’imaginaient peut-être pas que leur histoire commune avec les Blues serait aussi éphémère, même si le club, embourbé dans des changements d’entraineurs répétés, venait de lever sa première Ligue des champions quelques mois plus tôt. 

Mourinho avait trollé Lukaku

Lors de son retour sur le banc londonien en 2013, José Mourinho avait pourtant laissé espérer qu’il allait utiliser ces deux Belges en devenir, quand Eden Hazard avait déjà fait son trou. C’est finalement sous sa direction que les Blues les ont vendus alors que le Portugais assurait pourtant compter sur eux. "Je peux dire que De Bruyne et Lukaku sont des profils sur lesquels Chelsea a beaucoup investi dans le passé et je pense que c’est mon travail d’extraire le meilleur de leur investissement, confiait-il. Les deux sont prêts à venir et à faire partie de notre équipe."

Pourquoi cela a-t-il mal tourné ? Pour Lukaku, Mourinho a d’abord raillé son manque d’ambition quand le Belge a décidé de rejoindre WBA pour être n°1 et bénéficier d’un temps de jeu conséquent. Le Portugais lui avait pourtant demandé de rester. "C’est une chose de jouer pour Everton et une autre de jouer pour Chelsea, avait-il lâché. Il n’y a aucun regret." Tout en moquant "un jeune garçon qui aime beaucoup parler", Mourinho avait indiqué que le Belge ne voulait pas se frotter à "une situation de grosse concurrence" à Chelsea.

Lukaku : "Ce n’est pas de la faute de Mourinho"

"Les choix ont été faits par moi, avait assuré Lukaku. Par moi. Pas par eux. Tout le monde dit que c’est de la faute de Mourinho mais ce n’est pas de sa faute puisque c’est moi qui ai pris la décision. Je suis allé dans son bureau pour lui demander si je pouvais partir. C’est le premier à m’avoir dit : "bonne chance"." A défaut d’avoir collaboré ensemble à Chelsea, les deux hommes le font avec Manchester United depuis un an. 

Kevin De Bruyne, n’a, lui, jamais recroisé la route de Mourinho autrement que comme adversaires. Lors des retrouvailles avec le Portugais cette saison en Premier League, il ne s’était pas épanché sur le sujet. "Je m’en fous vraiment, avait-il lâché au Guardian. Ça fait partie du football, il y a des hauts et des bas. Je joue depuis dix ans, il y a eu neuf ans et demi de hauts et six mois où c’était un peu plus bas."

Fainéant selon Mourinho, De Bruyne voulait rendre les entrainements publics

Dans une interview à France Football un an plus tôt, il avait davantage détaillé ses relations compliquées avec le manager portugais, qui lui reprochait d’être trop fainéant à l’entrainement. Vexé, KDB, alors âgé de 19 ans, avait soumis l’idée d’ouvrir les séances d’entrainement au public. "J’ai dit ça, oui, mais pas à lui personnellement, sourit-il. C’est vrai qu’il a dit ça dans la presse, oui. Que je ne faisais pas ce qu’il fallait à l’entraînement. C’est facile de dire cela puisqu’il n’y avait personne pour vérifier, les séances étaient interdites au public. Mais tout le monde sait que je ne suis pas comme ça." Le manque de confiance, de temps de jeu et l’impatience de ses jeunes pépites avaient eu raison d’un mirage qui profite à la Belgique, aujourd’hui. 

NC