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Coupe du monde: et si le Ballon d’Or se jouait dimanche, lors de France-Croatie?

La finale de la Coupe du monde 2018 entre la France et la Croatie ne consacrera pas seulement une de ces deux nations sur le toit du monde. Elle pourrait s’avérer décisive dans l’attribution du prochain Ballon d’Or, redevenu le fruit de la concertation des journalistes et correspondants de France Football et souvent attribué, par le passé, au vainqueur de la plus haute compétition internationale de l’année.

Dimanche prochain – ce dimanche donc hein – l’équipe de France pourrait faire chavirer de bonheur tout l’Hexagone, comme elle l’avait fait, avec d’autres acteurs, un autre adversaire, un autre parcours aussi, il y a vingt ans sur son propre sol. Dimanche, les Bleus disputeront la troisième finale de Coupe du monde de leur histoire et même s’il faut aussi anticiper le fait que la Croatie puisse gâcher la fête, tout un pays est en train de rêver fort, très fort, à l’arrivée d’une seconde étoile sur le maillot bleu.

Mais il n’y a pas que cette seconde ou première distinction mondiale pour les Français ou les Croates qui sera en jeu, dimanche toujours. Ce soir-là, au stade Loujniki de Moscou, un autre trophée prestigieux pourrait être de la partie: celui du Ballon d’Or. Vous savez, le trophée qui récompense le meilleur joueur du monde de l’année. Un trophée ouvert aux quatre vents pendant six ans, de 2010 à 2016 exactement, le temps du partenariat entre la FIFA et le magazine France Football, puisqu’il permettait, en plus des journalistes, aux capitaines des équipes nationales et à leurs sélectionneurs, de voter. Un trophée redevenu depuis deux ans la propriété des acteurs de ce journal, journalistes permanents comme correspondants. Et qui pourrait donner de grands espoirs aux finalistes de ce Mondial russe.

Quatre prétendants, dont trois Français

Ce retour aux sources semble aussi marquer un come-back bienvenu à des règles officieuses, traditionnelles et reconnues de tous les acteurs du ballon rond, comme celle de voir le Ballon d’Or être décerné à un des vainqueurs d’une Coupe du monde ou d’un Euro l’année du déroulement de celui-ci. Comme cela avait été le cas pour Cristiano Ronaldo en 2016, bien que ce dernier, à l’époque, partait déjà avec une sacrée longueur d’avance sur ses principaux concurrents, Lionel Messi le Barcelonais et Antoine Griezmann (meilleur buteur et joueur de l’Euro) grâce à son succès en finale de Ligue des champions devant… le Maconnais.

Dans ce cas précis, et tenant compte du retrait dès les 8es de finale des deux ogres du trophée, Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, ils seraient quatre à briguer le trophée: trois côté Français (cocorico) avec Kylian Mbappé, Raphaël Varane et Antoine Griezmann et un dans les rangs croates, avec Luka Modric. Ce dernier partage le même point commun que le défenseur des Bleus: il a remporté la Ligue des champions en mai dernier. Le Croate, auteur de deux buts et d’une passe décisive en Russie, a été aussi le grand bonhomme du succès initial des siens contre le Nigéria (2-0) et a mystifié la planète sur une volée somptueuse contre l’Argentine (3-0). Le cerveau croate est, et de loin, le meilleur milieu de terrain offensif du tournoi.

"Grizou" comme "Zizou" ?

Raphaël Varane a fait moins de spectacle mais n’a pas été moins efficace. Le Madrilène a livré un match de patron contre la Belgique. Idem face à l’Uruguay (2-0), où il a pu faire taire ses détracteurs avec un coup de tête décisif, quatre ans après avoir été "mangé" par Mats Hummels. Il s’est enfin affirmé comme le leader défensif que l’on promet depuis son éclosion au plus haut niveau. Kylian Mbappé n’a pas encore fini d’éclore mais son doublé contre l’Argentine a fini de le révéler au plus haut niveau.

Le prodige de Bondy a encore franchi un cap et même s’il ne marque pas à tous les coups – il en est tout de même à 3 buts dans la compétition – il fait des différences et gratifie les yeux de gestes absolument sensationnels. Comme cette roulette-talonnade pour Giroud face aux Belges. Il serait en tout cas le Ballon d’Or le plus jeune de l’histoire en cas de performance XXL en finale. Pas de quoi refroidir l’intéressé, habitué à briser les records les uns après les autres. Pfff, franchement je m'en contrefiche de ça, avait confié le Parisien après le succès contre les Belges. Moi je veux la Coupe du monde, je dors avec, je dors avec tous les Français dehors s'ils veulent, mais le Ballon d'Or ce n'est pas mon problème."

Ce sera peut-être plus le problème d’Antoine Griezmann. Troisième en 2016, au sortir d’une année pleine mais ponctuée sur deux échecs en finale (Euro, Ligue des champions), le joueur de l’Atlético de Madrid peut prendre sa revanche. Vainqueur de la Ligue Europa, auteur de trois buts dans cette Coupe du monde, l’intéressé fait un Mondial correct. Mais "peut mieux faire". Dimanche, un doublé (ou même un but) lui ouvrirait en grand les portes d’un premier Ballon d’Or. Et lui ferait imiter un certain Zinedine Zidane, qui avait glané le sien, le soir d’un 12 juillet 1998.

A.D