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Coupe du monde: Rapinoe a refusé de chanter l'hymne américain pour protester contre Trump

Megan Rapinoe avec le maillot des États-Unis, le 11 juin 2019

Megan Rapinoe avec le maillot des États-Unis, le 11 juin 2019 - Lionel BONAVENTURE / AFP

La star américaine Megan Rapinoe n'a pas chanté l'hymne américain avant le match de la Coupe du monde remporté 13-0 par les États-Unis contre la Thaïlande. Un choix que cette militante LGBT avait annoncé.

Elle perpétue son image de "grande gueule". En ouverture du match au cours duquel les États-Unis ont humilié la Thaïlande (13-0), mardi à Reims dans le cadre de la Coupe du monde féminine, la milieu offensive américaine Megan Rapinoe a refusé de chanter l'hymne national. Contrairement à ses coéquipières qui avaient une main sur le coeur, comme le veut la tradition, elle est restée le visage fermée avec les mains dans le dos.

Megan Rapinoe, à droite, lors de l'hymne américain avant États-Unis-Thaïlande
Megan Rapinoe, à droite, lors de l'hymne américain avant États-Unis-Thaïlande © Icon Sport

Militante LGBT et en couple avec le basketteuse Sue Bird, la joueuse de 33 ans avait annoncé dans une interview à Yahoo qu'elle ne chanterait "probablement" plus The Star-Spangled Banner. "C'est une sorte de bon fuck you à toute forme d'inégalité ou de mauvais sentiments que l'administration [de Trump] a envers les gens qui ne lui ressemblent pas exactement", ajoutait-elle, alors qu'elle a d'ores et déjà fait savoir qu'elle déclinerait toute invitation à la Maison Blanche en cas de victoire au Mondial.

Sur plusieurs fronts

Sélectionnée 153 fois et buteuse à 44 reprises avec Team USA, aujourd'hui à Seattle après être passée par l'OL lors de la saison 2013-2014, Megan Rapinoe profite de sa réputation pour mener de nombreux combats. C'est elle qui est à l'instigation de la procédure en justice lancée contre la fédération américaine pour obtenir l'égalité des salaires hommes/femmes et mettre fin aux discriminations.

C'est aussi elle qui a fait son coming-out juste avant les Jeux olympiques de 2012 de Londres. En 2016, elle était la première sportive blanche à poser le genou à terre pendant l'hymne pour soutenir le joueur de football américain Colin Kaepernick qui protestait contre les violences policières visant les Noirs.

Sifflée dans des stades

"Je sais que cela peut me coûter cher, au propre comme au figuré, mais je me vois comme un porte-voix et c'est un rôle que j'assume complètement", confiait-elle récemment. 

Par son attitude, elle s'attire les foudres de militants pro-Trump. Elle a notamment été conspuée sur certains stades américains. Son comportement durant États-Unis-Thaïlande lui a d'ailleurs valu des reproches sur les réseaux sociaux.

JA