RMC Sport

Coupe du monde: Ricardo Rodriguez, miraculé à sa naissance, héros de la qualif' suisse

Ricardo Rodriguez (Suisse)

Ricardo Rodriguez (Suisse) - AFP

Si la Suisse dispute la Coupe du monde et défie le Brésil (20h) ce dimanche, c’est en grande partie grâce à Ricardo Rodriguez (25 ans), décisif lors du barrage face à l’Irlande du Nord en novembre dernier. Valeur sûre de la Nati, le latéral gauche a pourtant failli ne pas survivre à sa naissance.

Règlement Fifa oblige, Ricardo Rodriguez (25 ans), ne pourra pas porter son n°68 avec la Suisse, ce dimanche lors de son premier match de la Coupe du monde 2018 face au Brésil (20h). Le latéral gauche arborera le 13, mais n’oubliera pas celle à qui il pense à chaque match: sa maman, Marcela. Elle est décédée en 2015 d’un cancer à l’âge de 68 ans. Il porte aussi l’initiale M sur un bras aux côtés du J, pour son père José. Son lien maternel est fusionnel depuis sa naissance. Un peu avant même, puisque son accouchement avait été provoqué à huit mois après que les médecins avaient décelé que le bébé souffrait d’une hernie diaphragmatique. Un défaut dans le diaphragme qui avait provoqué, dans son cas, le déplacement de son estomac, sa rate son foie et son intestin dans la poitrine. 

50% de chances de survivre

Opéré d’urgence dès sa naissance, Rodriguez n’avait que 50% de chances de survivre selon le pronostic des médecins. Alors, l’imaginer devenir footballeur professionnel un jour relevait du miracle. Celui-ci s’est produit, Rodriguez a survécu. Il a suivi un traitement éreintant avec des vérifications tous les six mois sans jamais se décourager et porté par la foi de ses proches. "Il n’était même pas autorisé à attraper un coup de froid, soulignait sa mère en 2011 dans un entretien au journal suisse, Blick. Ça aurait été immédiatement dangereux." De ce combat, Rodriguez a donc gardé un lien indéfectible avec sa mère, native du Chili (pour qui il aurait pu jouer), et avec la religion (il a une madone tatouée sur un bras).

Ces épreuves l’ont guidé autant que son talent précoce. Sacré champion du monde U17 avec la Suisse en 2009, il a débuté en pro huit mois plus tard avec le FC Zürich, deux ans avant sa première sélection avec les A en lieu et place du taulier Reto Ziegler le 7 octobre 2011. Il n’a jamais perdu sa place depuis. Son ascension linéaire l’a mené en Allemagne où il a justifié son goût pour l’attaque avec 22 buts en 184 matchs avec Wolfsburg (2012-17), puis en Italie où il évolue au Milan AC depuis l’été dernier alors que d’autres gros clubs lui faisaient du pied (Arsenal, le Real, le PSG, l’OM ou Chelsea seraient venus aux nouvelles). En Lombardie, le joueur n’a pas crevé l’écran mais s’est imposé comme une évidence dans le couloir gauche, le plus souvent en défense, parfois au milieu.

Buteur et sauveur

C’est aussi le cas en sélection puisqu’il compte déjà 53 capes (5 buts) à 25 ans. Le joueur est même le héros de la qualification suisse pour le Mondial puisque c’est lui qui a marqué le but de la victoire face à l’Irlande du Nord (1-0) en barrage aller sur un penalty controversé. Un exercice où il brille. Il n’hésite pas à prendre ses responsabilités en club, comme en sélection, peu importe l’enjeu qui était, dans ce cas, très élevé. C’est aussi lui qui avait sauvé sur la ligne une tête de Jonny Evans à la 91e minute du match retour. Un sauvetage héroïque. Un miracle, même. Avec lui, le terme prend tout son sens. 

NC