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Daniel Riolo: "Le Brésil, désormais seul favori"

Retour sur les huitièmes et quelques réflexions sur la suite de la compétition.

Les huitièmes de la Coupe du monde passés, il ne reste que le gratin. Huit prétendants mais pas les mêmes statuts. Des favoris initiaux, il ne reste que le Brésil. La fougue des Mexicains n’a pas ébranlé la confiance des Auriverde. Bons partout, à chaque poste, les Brésiliens semblent meilleurs à chaque match. Ils sont en mission, comme si cette Coupe du monde ne pouvait être qu’à eux. Bien assis sur un bloc défensif calme et efficace, ce Brésil a assez de talent devant pour décrocher le titre.

Des trois favoris, le Brésil était celui qui jouait de façon la plus moderne. Exit le foot du contrôle, de la possession. On sentait venir ça depuis un petit moment, ça s’est confirmé. L’Allemagne n’a pas su évoluer, se ressourcer. Pour l’Espagne, c’est plus étonnant puisque le Real ne joue pas comme ça (le Barça a évolué aussi) et surtout, ça n’était plus le style de la Roja ces derniers temps.

L’équipe qui ressemble le plus à ce Brésil, c’est la France

Le Brésil, c’est ce qui pourrait ressembler le plus au Real. Casemiro (suspendu pour les quarts) pour contrôler, Coutinho en "Modric", Neymar en "Ronaldo" et Gabriel Jesus en 9 discret, façon "Benzema". On gagne les duels, on est technique dans toutes les lignes et on a de la fantaisie devant. Le tout basé sur une grande vitesse d’exécution.

Le Brésil, c’est l’équipe que globalement on ferait, manette en main, sur FIFA 18.

Mine de rien, l’équipe qui ressemble le plus à ce Brésil, c’est la France. A ce stade, d’outsiders, les Bleus sont devenus à mes yeux, favoris, juste derrière le Brésil. Au jeu du poste pour poste, c’est pourtant clairement moins fort. Si les deux équipes devaient s’affronter, les Bleus devront atteindre un niveau de performance collectif et individuel qu’on n’a pas encore vu. Qu’on n’a même pas vu depuis la "bande à Zidane".

Avant la demie attendue, la France devra sortir l’Uruguay. A moins de s’en sortir au bout d’une prolongation, des pénos, je vois mal les Bleus y arriver sans prendre les choses en mains. Il faudra assumer sa supériorité présumée et prendre l’initiative. Car au jeu de l’attentisme, la Céleste excelle. Elle aime dicter son tempo. Depuis 2010, personne n’écarte cette équipe sans souffrir. Et au jeu des comparaisons "sélection/club", impossible de ne pas penser à l’Atletico.

La Belgique, c’est la Miss d’un pays contre Miss Monde

C’est dans cette partie de tableau que les quarts s’annoncent les plus intéressants. La quatrième équipe ici est la Belgique. Roberto Martinez a été très inspiré en cours de match face au Japon, mais contre le Brésil, c’est dès le début qu’il faudra être parfait. C’est bien la Belgique. C’est séduisant. Mais c’est tout moins bien que le Brésil. C’est la Miss d’un pays contre Miss Monde. Un Moët&Chandon contre un Dom Pérignon millésimé. L’espoir réside dans l’idée que le meilleur des deux n’ait pas été bien mis au frais…

De l’autre côté, c’est le désert avec une oasis, la Croatie. Sur ce qu’on a vu face au Danemark, il n’y a plus beaucoup d’eau. Et si les Russes font un match de baston avec défense verrou, les Croates pourraient bien déraper. En termes de jeu et de joueurs, il n’y a pourtant pas photo entre les deux.

La chance historique de l'Angleterre

Sans son pitre Zlatan, la Suède avance comme en 1994. Avec un joueur de classe Forsberg et une bande bien organisée, les Suédois ne sont pas toujours dans la caricature de l’équipe de grands gaillards costauds bourrins. Je suis loin de les voir battus d’avance par les Anglais.

Cette Angleterre a une chance historique d’aller aussi loin, voire plus loin qu’en 1990. Elle est pourtant loin, à tous points de vue, de la sélection du Mondial italien. Tactiquement, on ne comprend pas trop cette équipe. Ce qu’elle fait ou cherche à faire est vraiment flou. Trippier est son meilleur joueur et Kane un leader sur lequel les avis divergent. En fait, cette Angleterre est très moyenne. Tellement moins forte que beaucoup de ses devancières qui ont pourtant été éliminées plus tôt! Pourtant, en jouant mal, en marquant des genoux, peu importe, elle a là une chance folle d’aller en finale. Une chance que ce football, si puissant, ne peut pas laisser passer.

Daniel Riolo