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France-Etats-Unis: Amandine Henry, la plus américaine des Bleues

Amandine Henry, la capitaine des Bleues, qui affronteront vendredi les Etats-Unis (21h) en quart de finale du Mondial, est la seule internationale française en activité à avoir évolué dans le championnat américain. Autrement dit, elle connait très bien les "Yanks", leur manière de jouer, et de penser. Idéal avant d'aborder ce choc.

S’il y a bien une Française qui sera attendue ce vendredi, lors du quart de finale du Mondial face aux redoutables Américaines (21h), c’est elle. Parce qu’elle porte le brassard de capitaine, parce qu’elle a montré contre le Brésil (2-1) qu’elle peut prendre le jeu à son compte, et débloquer une situation, et surtout parce qu’elle connaît parfaitement l’adversaire qui se profile. A 29 ans, pour ce qui est peut-être le match le plus important de sa carrière internationale, la milieu Amandine Henry va affronter nombre d’anciennes partenaires: des 23 Françaises présentes, elle est la seule à avoir traversé l’Atlantique pour découvrir le championnat américain.

"Là-bas, j'ai pris du recul"

C’était en mars 2016, quand elle s’est engagée avec les très populaires Portland Thorns, après neuf saisons de suite à l’Olympique Lyonnais. "J'ai toujours voulu tenter une expérience à l'étranger, apprendre une nouvelle langue, découvrir une autre culture, une autre façon de travailler, se justifie-t-elle alors. J'aurais pu rester à l'OL, mais pourquoi? J'ai tout connu et tout gagné. Je n'avais plus cette boule au ventre sur tous les matchs, qui fait qu'on se surpasse. C'était le moment de partir."

"Mandy", comme on l’appelait dans l’Oregon, reviendra en France en octobre 2017 avec dans les bagages un titre de championne des Etats-Unis, et une toute autre vision du football. "J’ai découvert un management complètement différent, expliquait-elle récemment à l’AFP. Là-bas, ils s'en fichent de la façon dont on se prépare, le plus important c'est sur le terrain. C'est un management complètement ouvert, tandis qu'en France, on aime bien contrôler ce que la joueuse mange, à quelle heure elle dort..." Moins de pression sur le groupe, et moins de pression, aussi, dans la manière d’aborder les rencontres. "Avant, j'avais plutôt tendance à tout remettre en question après un mauvais match, tandis que là-bas, j'ai pris du recul", assure-t-elle.

Elle a joué avec près d'une dizaine d'Américaines

Ce qui ne l’a pas empêché de travailler comme une acharnée, et de s’épaissir, pour être à la hauteur dans le championnat probablement le plus physique au monde. "En France, je suis plutôt dans la moyenne haute physiquement, observe-t-elle. Là-bas, j'ai un peu galéré parce qu'au niveau gabarit, elles sont quand même plus athlétiques. Après, il y a l'intensité des matchs, chaque week-end, on ne savait pas si on allait gagner, on ne pouvait pas se reposer. Il y avait tout le temps beaucoup d'enjeu."

Un enjeu qu’elle a appris à maîtriser, au contact de joueuses locales. Car pour Henry, l’expérience américaine a aussi été une histoire de rencontres. A Portland, la Tricolore a évolué avec Tobin Heath, Allie Long, Lindsey Horan, Emily Sonnett et Adrianna Franch, qui seront toutes sur la feuille de match des Etats-Unis ce vendredi, en plus des Américaines côtoyées sous les couleurs de l’OL, comme Megan Rapinoe (2013-2014) et Morgan Brian (2017-2018). Les autres, elles les a quasiment toutes affrontées, et plusieurs fois. De quoi acquérir des connaissances sur chacune d’entre elles, et distiller quelques conseils à ses partenaires bleues. Il n’y a plus qu’à suivre la guide…

CC