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Qatar : la FIFA se donne du temps

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Les membres du comité exécutif de la FIFA ont décidé, ce vendredi à Zurich, de lancer des consultations avant de décider d’organiser le Mondial 2022 au Qatar en été ou en hiver. Et ont des conditions de travail des ouvriers sur place.

Les défenseurs du vœu pieux d’un boycott vont ranger leurs espoirs. « La Coupe du monde 2022 se jouera bien au Qatar, il n’y a aucune raison de remettre cette décision en question », scande Sepp Blatter. Voilà l’une des informations de la deuxième journée du comité exécutif de la FIFA, ce vendredi à Zurich (Suisse), qui voyait ses 28 membres discuter de la question du Mondial 2022. Pas intimidé par la pression de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui réclamait par communiqué l’organisation d’un « nouveau vote » pour choisir un autre pays hôte « qui respecte les ouvriers », conséquence des révélations du Guardian sur les dizaines de morts parmi les travailleurs immigrés employés à la construction des stades au Qatar cet été, Blatter a mis les choses au clair.

Avec une précision d’importance : « Mais on ne sait pas encore si ce sera en été ou en hiver ». Et voilà l’autre information du jour. Coupe du monde estivale ou hivernale ? La FIFA a décidé… de ne pas décider avant l’an prochain. Et d’organiser dans l’intervalle des consultations sur le sujet « auprès des principales parties prenantes (joueurs, clubs, ligues et fédérations mais aussi diffuseurs et sponsors, ndlr) concernant les dates du Mondial », dont la puissante Association des clubs européens (ECA). Seule certitude : aucune décision ne sera prise avant le Mondial brésilien de l’été prochain.

« On va d’abord jouer la Coupe du monde 2014, explique Blatter. Ensuite, on aura les résultats de cette consultation et à ce moment-là, on pourra dire quelle est la meilleure période pour jouer. » La deuxième journée du comité exécutif a également permis à Blatter de revenir sur les révélations du Guardian sur « l’esclavagisme des temps modernes » constaté dans la construction des stades qataris. Avec une ligne de conduite : ne pas fermer les yeux sur la condition des ouvriers mais préciser l’impossibilité d’agir pour une FIFA « pas responsable de (leur) sécurité ».

Blatter : « Les ouvriers ? Pas la responsabilité première de la FIFA »

« De tout cœur, j’exprime tout le regret pour ce qui se passe dans un pays quand il y a des morts sur des constructions en relation avec la Coupe du monde, s’indigne le président de l’institution. Cela nous touche mais ce n’est pas une intervention directe de la FIFA qui va changer cela. Cette intervention ne peut être faite que par le Qatar lui-même et le Qatar a confirmé qu’il allait le faire. » « La FIFA ne peut pas faire d’ingérence dans le droit du travail d’un pays mais ne peut l’ignorer », avait-t-il d’abord précisé sur Twitter. Et de finir par évoquer le rôle des entreprises ayant obtenu les contrats de construction : « Il y a beaucoup d’entreprises européennes qui travaillent. Ce sont aussi elles qui sont responsables de la condition des ouvriers. Ce n’est pas de la responsabilité première de la FIFA. »

Un positionnement très critiqué par l’organisation Human Rights Watch, qui évoque un Blatter « soit ignorant, soit indifférent aux abus ». Et du côté du Qatar, se retrouver dans l’œil du cyclone commence à faire jaser, surtout sur la question du climat. « C’est choquant de lire tous ces articles, confirme Ali El Garni, journaliste pour Sky News Arabia. Ce n’est pas la faute du Qatar. Les autorités n’ont pas dit à la FIFA que le Qatar était situé à côté de la Suède ou de la Norvège. La façon dont parle la FIFA avec les Qataris est coloniale. » On n’a pas fini de parler de ce Mondial 2022.

A.H. avec N.J. à Zurich