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Quel leader pour l’équipe de France ?

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Avec le forfait de Franck Ribéry, l’équipe de France perd non seulement un de ses meilleurs éléments, mais aussi un de ses chefs de meute. Alors qui sera le leader des Bleus ? Luis Fernandez et Eric Di Meco passent en revue l’effectif tricolore.

Benzema, leader technique mais ...

Eric Di Meco : « C’est l’autre joueur important par rapport à ce qu’il fait avec le Real Madrid. Mais un Benzema qui marquerait des buts pendant la Coupe du monde, qui serait un peu plus efficace en Bleus, ça nous sortirait une belle épine du pied. Bien qu’un leader n’est pas obligé d’être un joueur offensif. »

Luis Fernandez : « Karim est tout sauf un leader. Il doit confirmer ses quatre, cinq derniers mois avec le Real où il s’est bonifié. Il a changé. Il a eu une réaction positive avec les Bleus, il s’est révolté. Et quand il se révolte, il est performant. Mais ça ne fait pas de lui un leader au sein du groupe. C’est un leader technique. »

Sakho-Varane, le futur

Eric Di Meco : « Pour que Deschamps ait donné le brassard à Sakho lors du premier match amical contre la Norvège, c’est que ça doit être un mec qui peut avoir un impact au sein du groupe. Un garçon qui va bouger un peu ses potes avant le match, voire sur le terrain. Mais si Deschamps lui a donné le brassard parce qu’il a mis deux buts contre l’Ukraine, on serait à l’école des fans. »

Luis Fernandez : « On sait que le brassard doit revenir à Hugo Lloris. Et c’est vrai qu’en son absence, Didier Deschamps privilégie Mamadou Sakho. Or, selon moi, s’il y a un élément dans cette équipe avec un futur de leader, c’est Raphael Varane. J’ai vu ce qu’il a fait à Diego Simeone (ndlr : après le troisième but du Real contre l’Atletico en finale de C1, Varane a dégagé le ballon vers Simeone, qui l’a contrôlé puis a frappé en visant Varane), il faut savoir le faire. Quand je vois ça, je me dis qu’il a de la personnalité. Je pense que c’est peut-être le garçon qui aura le trait de personnalité nécessaire pour avoir le brassard et dégager quelque chose sur le terrain. » 

Lloris, calme ... en apparences

Eric Di Meco : « Je n’ai jamais été entraineur mais quand Luis Fernandez ou Rolland Courbis m’en parlent, je les écoute. Selon eux, et je suis assez d’accord, un gardien dirige sa défense, il est parton dans ses 18 mètres et c’est déjà pas mal comme boulot. Je n’ai pas l’impression que dans les vestiaires, Lloris soit celui qui va rameuter tout le monde. Mais je peux me tromper. »

Luis Fernandez : « N’oublions pas qu’il nous avait surpris il y a quelques années quand il était encore à Lyon, contre Nic,e et qu’il avait poussé une ‘‘gueulante’’ dans les couloirs en retournant aux vestiaires. Je m’étais dit : ‘‘Ce n’est pas possible, ce n’est pas Hugo Lloris !’’ C’est pour ça qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Peut-être que sur le terrain il a une certaine retenue, mais que dans un vestiaire, il dégage quelque chose de fort. »

Pogba : le talent, pas la maturité

Eric Di Meco : « Il a de grosses qualités, mais de là à être un leader, aujourd’hui, c’est trop tôt. Il a des attitudes de grand joueur, assez impressionnantes. Mais quand il fait de supers trucs, il joue parfois un peu pour sa gueule. Il a besoin de mûrir un peu. »

Deschamps, le vrai leader

Luis Fernandez : « J’ai toujours dit que dans ce groupe-là finalement, le seul et unique leader, c’est Didier Deschamps. Un peu à la manière d’un Simeone à l’Atletico Madrid. Il a construit un groupe et il se tape tous les week-ends avec rigueur et discipline. Par rapport à son expérience, Didier insuffle de la sérénité. Il est juste. »

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