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Riolo: "Des Bleus pénibles..."

Retour sur la victoire des Bleus face à l’Australie, ce samedi, à la Coupe du monde (2-1).

Après le sublime Portugal-Espagne, on attendait donc nos Bleus. Histoire de comparer, à distance, ce qu’on vaut. L’Australie, c’est forcément faible. Le 1-0 ne serait pas suffisant. Une victoire et du jeu. Les considérations d’avant-match étaient claires. Les trois frappes cadrées d’entrée ont pu donner à penser que le ton serait juste. Mbappé, Dembelé, Griezmann sont libres devant et alternent les positions. Problème, ils ne font rien de cette liberté et ne troublent pas la défense australienne.

Les Soccerros affichent pas mal de tranquillité en phase défensive. Et si dans les premières minutes, ils balancent devant en fermant les yeux, très vite, ils essayent de ressortir sans paniquer.

Mis en confiance par la bouillie bleue, les Australiens défient la logique dès le premier quart d’heure passé. Joueurs de L2 ou pas, petite nation ou pas, ils font jeu égal avec nos « stars ». Lloris doit faire un gros arrêt pour éviter un terrible 0-1.

Le jeu des Bleus est inexistant. Le bloc recule. Le milieu n’organise rien. On a des joueurs de transition, des attaquants rapides, mais le ballon voyage lentement.

Jouer en contre face à cette équipe, ça ne peut pas être sérieux ??

La compo de Deschamps ne fonctionne pas. On envisage déjà Giroud devant et Fekir ou Lemar au milieu. Un vrai 9, un créateur, un truc limpide.

Le staff hollandais de l’Australie a mis en place une tactique simple. On a vu ça avec l’Iran la veille. Simple, c’est bien aussi. C’est déjà mieux que le rien proposé par les Bleus.

Aucune occasion, aucune approche dangereuse. La France ne propose rien. Elle hésite dans ses options. Le bloc équipe ne sait pas ou se placer. Limite face à un « gros », ça serait plus simple dans l’option de jeu. On attend, on s’accroche et on contre.

Les changements, la fatigue des Australiens… A la pause, on se dit que la solution viendra de là. Parce que ce 0-0, on ne peut pas, on ne doit pas l’envisager. On constate une possession de balle partagée, un nombre de passes équivalent… un naufrage collectif.

La seconde période n’offre rien de mieux. Toujours pas changement de rythme, de transition rapide (notre point fort, il paraît).

Les premières émotions se succèdent. Un penalty obtenu grâce à la VAR permet aux Bleus de marquer. Pas de doute, ce système d’arbitrage est bien absolument ridicule. Une interprétation 1 min 30 après. Ça n’a aucun sens.

A 1-0, on est soulagé. Sauf que dans la foulée, Umtiti fait une main dans la surface. Un peno partout. 1-1.

On est sorti du match suite à ces deux épisodes. Les Bleus n’ont jamais été dedans. Deschamps va lancer Giroud et Fekir. Ça devrait aller mieux. Ça ne peut qu’être mieux. 70e, il reste assez de temps pour obtenir le résultat. Pour Deschamps, il n’y a que ça qui compte, ne l’oublions jamais.

Griezmann sort. Il n’a pas été bon. Dembélé sort aussi. Inexistant. Aucun Bleu n’a brillé. Une individualité doit sauver l’ensemble. Et on dira que c’est l’homme du match.

Les Bleus sont donc en losange. Fekir a Giroud et Mbappé devant lui. L’Australie répond en renforçant son bloc. Le 1-1 est excellent pour elle.

Le temps passe. La victoire devient hypothétique. Tolisso grâce à une faute « intelligente » (assumons l’expression) empêche l’Australie d’aller jouer un 3 contre 2 face à Lloris.

Les Bleus s’en sortent. A 10 minutes de la fin. Un une-deux moyen, un tir contré de Pogba. C’est lui le sauveur ?

2-1. La France respire, mais c’est sous respiration artificielle. Qui va oser s’enflammer ? Une réussite totale a permis aux Bleus de s’imposer.

Aucun Français ne mérite la mention « bien » dans ce match. Fekir et Giroud ont fait du bien, c’est vrai. Ils ont des profils clairs. C’est mieux que des faux 9, des faux ailiers, des faux 10… Essayons de maîtriser des choses simples avant d’inventer des fausses pistes.

Allez, on passe au match suivant. On va nous vendre une progression à venir. Et on est bien obligé d’acheter… On n'a rien de mieux à faire.

Daniel Riolo