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Dugarry, Leboeuf, Petit: la Dream Team RMC Sport répond à Bernard Lama

Emmanuel Petit

Emmanuel Petit - -

Dans un entretien accordé au magazine So Foot, Bernard Lama s’en est violemment pris à Fabien Barthez, qu’il a qualifié de « blanc, pas très intelligent » et dénoncé une « lutte anti-Lama ». Christophe Dugarry, Frank Leboeuf et Emmanuel Petit, coéquipiers de l’ancien gardien du PSG lors de la Coupe du monde 1998 et l’Euro 2000, désormais membres de la Dream Team RMC Sport, réagissent à ces propos très durs.

Christophe Dugarry : « C’est de la méchanceté gratuite »

« Ça fait l’ancien joueur qui vide son sac, dans une paranoïa difficile à comprendre. S’il avait des choses à dire, il fallait les dire bien avant. C’est assez incompréhensible mais je ne suis pas vraiment étonné que Bernard puisse vider son sac comme ça. Il y a peut-être un peu d’aigreur aussi de ne pas avoir participé à cette Coupe du monde (Lama n’a joué aucun match, ndlr). Je trouve ça quand même assez moyen de sortir des trucs comme ça.

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Que c’est méchant, tout ça. C’est méchant et ce n’est pas très constructif. C’est de la méchanceté gratuite. Tu as l’impression qu’il en a accumulé et qu’il avait besoin de le sortir. C’est qu’il devait être un peu dans un mal-être. Je ne suis pas étonné, parce que Bernard te fait toujours un peu la morale quand il te parle. Tu as toujours l’impression que c’est un professeur qui te donne des leçons. Je trouve ça dommage de raconter des choses comme ça qui n’ont pas vraiment d’intérêt, si ce n’est le servir un peu lui dans sa façon de se lâcher. C’est dommage parce que c’était il y a longtemps. »

Frank Leboeuf : « Ça ne me surprend pas »

« J’ai accepté d’en parler parce que Bernard a été le seul à émettre une critique à mon égard, quand je me suis épanché sur mes relations avec Aimé Jacquet lors des trois jours avant la finale (« Aimé Jacquet ne m'a pas parlé pendant trois jours. Je lui en ai voulu », avait déclaré Leboeuf, ndlr). Les autres ont juste dit qu’ils étaient étonnés de mes propos, mais "l’autre" avait dit qu’il fallait que j’arrête de pleurnicher.

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Je trouve qu’il y a des mots qu’on utilise et auxquels il faut faire attention, parce que je rappelle à Bernard qu’il parle de "petit blanc" en parlant de Fabien, même si je comprends ses propos et qu’il dit plus loin qu’à un moment donné il y avait une campagne "anti-Lama". Je veux juste lui rappeler que ce n’est pas parce que Bernard est noir et Fabien blanc qu’il y avait une campagne anti-Lama. On rappelle que Lilian Thuram, Marcel Desailly, Thierry Henry et Bernard Diomède sont noirs et il n’y a pas eu de problèmes avec ça.

Quant à l’intelligence, puisqu’il dit que Fabien n’est pas intelligent, je veux juste rappeler à Bernard qu’elle n’est pas quantifiable l’intelligence. Surtout qu’on m’a dit un jour qu’on est toujours le con de quelqu’un. Je ne comprends pas. Rappeler des vieux souvenirs qui n’intéressent pas grand-monde, alors que ça s’est très bien passé entre nous, surtout quand on se permet de critiquer, je trouve ça incompréhensible. Et comme Christophe Dugarry l’a dit, en même temps ça ne me surprend pas. Attaquer un partenaire comme ça et parler de manque d’intelligence, ça sert à quoi ? »

Emmanuel Petit : « Bernard devait en avoir gros sur la patate »

« Bernard est mon ami, tout comme Fabien. J’étais très proche des deux en équipe de France. Je sais qu’il y avait toujours une rivalité au poste de gardien de but, une hiérarchie qui était dure à accepter aussi. Je pense que la frustration doit venir de là, mais quasiment vingt ans après, ça sort maintenant, j’ai du mal à comprendre. Je ne vais pas dire que ça me déçoit mais ça me peine pour Bernard, pour lequel j’ai beaucoup d’affection. Mais j’en ai aussi beaucoup pour Fabien.

Je ne sais pas s’il y a un contexte politique à l’heure actuelle, il faudrait lui poser la question, mais il devait en avoir gros sur la patate pour faire ce genre de déclarations. On est tous capables de faire ce genre de déclarations. On a tous le droit de faire des erreurs, des sorties de route. Moi-même j’ai eu, il y a une dizaine d’années, des propos envers Zizou. On a le droit de s’exprimer, de dire ce qu’on ressent, mais je crois qu’il y a aussi un certain cadre à respecter, notamment ne pas tomber dans la vulgarité. Parfois je me pose la question de savoir si ça avait été de l’autre côté, si ça ne ferait pas scandale aujourd’hui.

Je garde toujours de l’affection pour Bernard, malgré ce qu’il s’est passé, et pour Fabien que j’ai eu il n’y a pas très longtemps au téléphone. C’est un problème entre les deux, je ne sais pas du tout ce qu’il s’est passé depuis tant d’années, au sein de l’équipe de France. Ça me surprend, peut-être que j’étais vraiment en dehors de pas mal de choses à cette époque-là (rires). Je pense que c’est un problème personnel entre les deux joueurs. La concurrence, tu as certaines fois du mal à l’accepter, qui plus est quand tu es gardien.

Globalement, ce sont les joueurs qui évoluaient sur le terrain qui ont tiré le meilleur profit de ces campagnes-là. Ça peut expliquer un début de frustration. Ça me déçoit parce que ça ne rend pas service à Bernard et Fabien. Comme ça touche France 1998, la moindre déclaration prend des proportions et on ne peut plus rien contrôler. Mais encore une fois, Bernard a le droit de s’exprimer, de dire ce qu’il pense et d’utiliser les mots qu’il a utilisés. Il faudrait poser la question à Fabien. Mais ça n’enlève pas ce qu’on a réalisé. »