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Benzema, une (super)star est née

Karim Benzema

Karim Benzema - -

Considéré comme le meilleur joueur de l’équipe de France, Karim Benzema est aujourd’hui la locomotive des Bleus. Un attaquant qui a définitivement pris une dimension mondiale, et qui doit aider la France à voir plus loin.

Et si l’équipe de France s’était déniché son leader ? Plus simplement un leader technique, capable en l’absence de France Ribéry de prendre en main la destinée des Bleus. Mais aussi un meneur d’hommes qui n’hésite plus à prendre la parole auprès de ses coéquipiers. Sans en rajouter, et sans forcer sa nature, Karim Benzema est devenu aujourd’hui l’un des patrons du vestiaire en compagnie de Patrice Evra. « Je ne veux pas qu’il se sente investi d’une mission et qu’il se sente obligé d’être décisif, confiait Didier Deschamps en conférence de presse ce lundi. Il a la confiance de tout le monde, de moi en premier. Mais qu’il reste sur ce qu’il sait faire, sans forcer. Il n’a qu’à regarder son visage, il est heureux et épanoui »

Auteur d’un doublé pour son premier match en Coupe du monde contre le Honduras (3-0), Karim Benzema (67 sélections, 23 buts) s’est même hissé à la 9e place des buteurs sous le maillot bleu. Déjà considéré comme un grand joueur au sein des Bleus, il est aujourd’hui complètement adoubé par le reste du groupe. « C’est un grand joueur. Je pense qu’avec le forfait de Franck, il a encore plus de responsabilités, confie le capitaine Hugo Lloris. Mais je pense que c’est un joueur qui aime les responsabilités, il se sent bien. » D’autant que selon son ancien coéquipier sous le maillot lyonnais, Loïc Rémy, estime que « sa marge de progression reste encore grande ».

Il salue le Parc des Princes qui le chambre

L’histoire entre le Madrilène et l’équipe de France n’a pourtant pas toujours été un long fleuve tranquille. Laissé de côté par Raymond Domenech, il ne participe pas au naufrage sud-africain en 2010. Deux ans plus tard, il ne marque pas le moindre but lors de l’Euro en Ukraine. En manque de réussite, il perd même sa place quelques mois plus tard au profit d’Olivier Giroud le 10 septembre en Biélorussie. Une première. « Il y a eu des périodes moins agréables pour lui, où j’ai eu des choses à lui dire, continue Deschamps. Quand il ne joue pas, je fais en sorte que le jouer comprenne. Est-ce que c’était un mal pour un bien ? »

Le match contre l’Australie a sans doute été le déclic attendu. Muet pendant 1222 minutes, il ne retrouve la réussite que le 11 octobre 2013. Ce jour-là, le public le chatouille gentiment en lançant des « il a marqué, il a marqué… » Plutôt que de s’agacer, Benzema lève le pouce et applaudit le Parc des Princes. « Pour les gens, qu’il ait pu réagir comme ça, il n’avait plus le même visage de quelqu’un de fermé et de tous les trucs négatifs qui ont été dits, conclut Deschamps. Mais ce n’est pas Karim. Il n’est pas comme ça. Entre ce que le joueur est et ce qu’il peut laisser paraitre il y a parfois une différence. »

Pierrick Taisne à Ribeirao Preto