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Equipe de France féminine: le renouveau de Corinne Diacre qui plaît aux Bleues

Retour du brassard à Wendie Renard, un groupe apaisé, une sélectionneure qui évolue... de nombreuses choses ont changé au cœur de l’équipe de France féminine ces derniers mois. Et les joueuses en sont les premières satisfaites. Décryptage.  

Cette semaine, à Clairefontaine, flotte comme un air de sérénité. Les visages des Bleues croisées lors du moment d’interviews avec les médias sont souriants. En dehors des résultats, le groupe France vit des moments importants dans la construction d’un groupe.  

Diacre a fait évoluer sa méthode  

20 octobre 2017. C‘est la date de la dernière sélection d’Hawa Cissoko. Entre temps la défenseure, passée par le Paris Saint-Germain ou Soyaux, a connu pépins physiques et galères. Après être revenue à haut niveau au printemps dernier, elle enchaîne les bonnes performances avec West Ham, jusqu’à la liste du mois d’octobre. Si elle n’avait pas été forfait au dernier moment, Kheira Hamraoui aurait aussi fait son grand retour chez les Bleues deux ans et demi après.

Deux come-backs qui ont chacun des éléments de contexte différents mais qui prouvent que comme le dit Corinne Diacre "la porte de l’équipe de France n’est fermée pour personne" et que Diacre peut réviser un jugement. La milieu de terrain de Levante, Sandie Toletti, a aussi vécu cette traversée du désert : "Pendant trois ans, je n’étais pas en équipe de France. Je pense que pour toutes les filles, il ne faut pas se dire que c’est fermé. Il faut travailler, travailler, et si tu fais des bonnes performances, tu vas être appelée".

Trois retours qui vont dans la mouvance actuelle du management de Corinne Diacre. La sélectionneure qui a pu être dure dans ses paroles et ses actes au début de son mandat a su évoluer, et revenir sur certaines positions. "Elle est très ouverte, très proche de nous et c’est important aussi pour nous que l’on se sente ensemble avec le staff et les joueuses. Et cela se voit tous les jours dans l’équipe", confie Sandie Toletti. L’évolution de son relationnel avec ses joueuses en est aussi une des causes pour Hawa Cissoko : "Certaines joueuses sont plus libérées et ressentent ça chez la coach et aussi qu’elle est plus apaisée. C’est mieux pour tout le monde". Diacre a aussi tenu à avoir un contact avec certaines de ses joueuses cadres lorsqu’elles sont blessées.

Un climat apaisé 

Si le climat semblait s’être quelque peu détendu en fin de saison dernière, un vrai cap a été franchi ces dernières semaines. L’onde de choc positive déployée par le retour du brassard à Wendie Renard a été bénéfique pour tout le groupe France selon Sandie Toletti : "On a vraiment un bon groupe, on s’entend super bien. Tour le monde vient avec le sourire, cela se voit dans la vie de groupe, au château (de Clairefontaine), à l’entrainement on est toutes souriantes, on prend beaucoup de plaisir, c’est ça aussi qui fait que l’on se sent bien dans l’équipe".

Hawa Cissoko abonde : "Pour la première séance d’entrainement, j’ai fait des tests physiques, et ensuite je suis allé voir le terrain. L’ambiance était trop bien ! Cela donnait vraiment envie, cela te retire toute forme de pression d’être là. L’ambiance est là mais la compétition aussi dans tous les jeux ! Rigueur et plaisir." Un changement de capitanat qui a aussi apaisé Diacre.

Lors de son retour au château de Clairefontaine, Hawa Cissoko nous racontait ses retrouvailles avec Corinne Diacre lundi après-midi : "Vous savez que la coach fait des vannes ?! Mais elles sont pas drôles ! La coach me demande comment ça va et quel poste me plaît le plus dans une défense à trois. Je réponds gauche, au centre, à droite. Et là elle me dit 'Tu as un pied gauche toi maintenant ?!' Je rétorque : 'je joue même numéro 10 !' (rires)". Pour optimiser cette nouvelle cohésion de groupe et consciente de l’aura de sa capitaine, Corinne Diacre a notamment tenu à ce que Wendie Renard soit présente dans les vestiaires alors qu’elle ne participait pas à la rencontre face à la Slovénie suite à une blessure à une cuisse. Un match qui s’est conclu par une victoire à l’arrachée qui a marqué le groupe. Peut-être une première du chemin vers l’Euro.  

Anthony Rech